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le dimanche, 11 juillet 2010 à 09:08

Freienstein / Passau – La Gadoue, la gadoue…

Premier passage de frontière entre la Suisse et l'Allemagne après 54 jours en Suisse.

Le départ de Freienstein s’est fait tranquillement et prudement afin d’éviter une rechute de la blessure à Patrick. Peu après, nous avons atteint Stein am Rhein, la dernière étape en Suisse. La traversée de cette première frontière, Patrick l’a vécu comme la pose de la première pierre d’un édifice, moi j’ai réalisé que nous étions vraiment parti. Suisse – Allemagne: un passage qui s’est fait non sans un peu de nostalgie et de pincement de coeur. A noter que nous terminions probablement la traversée-sortie de Suisse la plus longue pour un voyage à vélo de ce genre: 54 jours de Genève à Stein am Rhein!

Vue sur le lac de Constance depuis le camping de Markelfingen.

L’arrivée en Allemagne et au camping étaient marqués par le premier contact avec un « indigène », le gardien du camping. Il va sans dire qu’après l’épisode malheureux de Nottwil, nous approchons les camping avec une certaine appréhension. Mais ce gardien-ci ne justifiait vraiment aucune inquiétude. C’est vraiment très concienscieusement qu’il s’est occupé de notre enregistrement. Puis Ella a eu droit à un spectacle marionette surprise du type « publicité-lapin-à-pile-Duracell »! La couleur était annoncé: si les allemands ne sont peut-être pas les plus grands artistes du spectacle, ils se montrent néanmoins très aimables, spontanés avec un penchant avoué pour la technique.

Forêt noire. Notre premier bivouac sauvage.

Les premiers jours en Allemagne débutèrent par la traversée de la Forêt Noire, une véritable mare au diable. Une succession de monts et vallées, à n’en plus finir. Des orages qui s’enchaînèrent et nous rinçèrent propre en ordre. Sans compter de diaboliques panneaux indicateurs qui nous ont fourvoyé et nous faisaient tourner en rond.

Manu aux thermes de Tuttlingen.

Notre premier bivouac a été dressé juste avant une nouvelle pluie battante, dans la fraicheur et en cohabitation avec des limaces baveuses, des fourmis affamées et des araignées tisseuses. Pour couronner le tout, Patrick s’est débattu sans succès avec le réchaud qui décida de faire sa première (et jusqu’à présent unique) grève. De quoi me faire douter. Il fallut bien un magnifique bouquet de fleurs des champs servi avec les sourires des grands jours des garçons le jour de la fête des mères pour me redonner du courage.

Le prix des hôtels nous motivait cependant à continuer de camper malgré la météo capricieuse. Au bout de la forêt noire il y avait Tuttlingen et enfin le Danube. Nous y sommes arrivés avec une faim de loup et à vrai dire l’odeur y était aussi. Nous avions bien mérité la journée de repos aux bains thermaux.

Sandra dans la vallée du Danube supérieur.

Malgré le terrain désormais plat ou en légère pente descendante, une certaine résistance à pédaler était encore présente, de sorte que je me faisait régulièrement dépasser par des retraités à vélo. Peut-être les cuissards noir qu’ils portaient faisaient-ils la différence? Mais non, je refusait d’en porter à mon tour au grand soulagement de Patrick. Finalement c’est l’annonce de l’arrivée de notre attestation de départ de Suisse, certes après trois courriers de rappel et quelques enérvements avec l’administration, qui permit de débloquer la situation et d’augmenter la cadence.

La première partie du Danube nous fit découvrir sa magnifique vallée, bordée de hautes falaises et surplombés par de nombreux châteaux forts. Le tout dans une verdure encore toute fraiche et abondante. Pas étonnant au vue de la pluie qui tombait tout les jours…

A partir de Sigmaringen, la vallée s’élargit. Nous n’avons pas manqué d’y visiter l’impressionant château des ducs de Hohenzollern, qui semblent avoir traversé tout les tourments de l’histoire avec brio, grâce à des mariages opportun, et ont réussi à garder un patrimoine hors du commun, à faire pâlir le château de Versailles. Car celui-ci est entièrement meublé et décoré « d’origine » et possède de très riches collections, notamment une salle d’armes sans égal. Mais ce qui impressionait le plus les enfants étaient les innombrables trophées de chasse: chevreuils, lièvres, sangliers, renards, loups, ours, aigles et j’en passe. Ce qui fit dire à Leeroy que ces ducs là devaient avoir faim, très, très, très faim.

Impressionants étaient aussi les nombreux monuments et bâtiments érigés au 19è siècle visibles à travers tout le trajet du Danube allemand et dédiés aux idéaux d’une grande nation prussienne. A noter les paroles de Karl-Anton de Hohenzollern, premier ministre juste avant Bismarck, pour qui « aucun prix n’est de trop pour l’accomplissement d’une grande nation allemande ». Ou le Walhalla, réplique de l’acropole d’Athène et dédiée aux héros de l’Allemagne passée et à venir. Nationalisme exacerbé ou sombres prémisses du 3è Reich.

Paysage de bavière sous la pluie.

Les plaines que traverse le Danube en Bavière furent visuellement quelque peu ternes, non pas qu’elles manquaient d’attrait, mais la pluie incessante, la brûme et la couverture nuageuse enlevait tout le contraste aux couleurs. Par contre les odeurs étaient décuplés: champs de colza en fleurs, champs d’ail d’ours dans les forêts sauvages et l’odeur de chien mouillé dans nos sacs… Et pourtant nous avons rencontré des allemands qui nous déclaraient avec sérieux que la région que nous traversions est aussi nommée la Toscane de l’Allemagne! Ce qui, avec d’autres observations, me fait penser que les Allemands possèdent notamment un trait de caractère particulièrement développé: l’optimisme.

Les allemands justement, nous en avons rencontrés quelques uns, mais le plus souvent furtivement, pas au-delà d’un échange curieux, direct mais courtois, souvent ciblé sur le confort de nos montures. Du coup nous nous sommes quelque peu isolés dans notre bulle familiale. Heureusement les rencontres avec d’autres cyclistes dans les « Camping-Platz » nous mettaient du baume au cœur: José et Bernard, français de Toulouse, qui reliaient Toulouse à la Slovaquie, Erika, Stefan et leur fils Max qui longaient le Danube jusqu’à Wien et une rencontre brève mais rafraichissante un matin… pluvieux avec Ginette, une indigène d’Amérique habitant le Québec, qui traverse l’Europe à vélo. Et aussi Josef et Maria, qui nous ont gâtés avec leurs nombreux petits cadeaux, émerveillés devant notre projet, eux qui ne sortent jamais de Bavière avec leur camping car.

Bières bavaroises devant champs de houblon. Selon la charte de pureté des bières bavaroises (AOC), elles ne contiennent que de l'eau, du blé et du houblon.

Nous ne pouvons pas ne pas parler de la nourriture allemande, vu que nous étions partis avec quelques à prioris bien ancrés sur la question. Un tour dans une majorité de supermarchés fait en effet craindre le pire: le choix en boîtes de conserve et saucisses étant invérsement proportionel au choix de produits frais, càd énorme (et celui en produits frais parfois vraiment limité). Nous relevons quand même que certaines de ces saucisses sont vraiment succulentes. Nous gardons aussi un excellent souvenir de la Schweinshaxe, croustillante à souhait, des Sulze (aspics), Leberwurstsemmel (petits pains avec une tranche de grosse charcuterie rôtie) et des bières bavaroises, sans oublier la gentillesse du service!

Ulm. Manu et Leeroy à la bibliothèque municipale.

Quel premier bilan à tirer pour les enfants? Les garçons s’accomodent très bien du voyage et de la pluie. Que ce soit en jouant aux légos à l’intérieur (de la tente) ou en sautant dans les nombreuses flaques d’eau. Les jours de repos, repos du vélo, nous les passons dans les bibliothèques municipales où ils dénichent avec ferveur des bouquins illustrant leurs découvertes du monde à travers le voyage. Chevaliers de Sigmaringen, romains de Mengen, dinosaures, volcans et dragons. Mais aussi pirates, momies et indiens. Dans la cariole, leurs scénarios fleuris, leurs chants et leurs rires font que chaque arrivée en ville est remarquée! «Tu peux avoir ma sonette si tu veux» me dit Patrick,«je n’en ai plus besoin». Et bien sûr ces temps continus en famille nous permettent de nous émerveiller des progrès de notre petite Ella. Les garçons se demandent souvent quand elle va se mettre à quatres pattes et pourquoi elle met tout en bouche. Elle à l’habitude de toussoter, comme ses frères le faisaient, quand elle veut têter et la nuit, quand elle a un peu froid, elle remue bras et jambes à la recherche du sein le plus proche pour s’y blottir et se rendormir aussitôt.

Bivouac de Mitterndorf. Arc en ciel entre deux orages.

En somme la traversée de la Bavière se fit de manière tranquille. Au fur et à mesure de notre avancée nous délaissions progressivement les camping pour la rive sauvage du Danube, moins chère, nettement plus tranquille et bien plus agréable. Nous cherchions encore notre rythme et notre forme et plus nous nous approchions de Passau, plus les étapes s’allongèrent progressivement. Passau, dernière étape avant l’Autriche où de nouvelles surprises nous attendaient.

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3 comments to Freienstein / Passau – La Gadoue, la gadoue…

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