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le lundi, 23 août 2010 à 08:00

Wien – La maison hantée

La maison de Michi.

La maison est nichee dans un quartier cossu de la ville. Autrefois dans ce qui était qu’un petit village. Elle était entourée de champs où des moutons paissait en paix. Aujourd’hui elle fait parti de Vienne, capitale insatiable d’espace habitable! Trois étages. Un jardin ombragée. C’est Michi qui nous accueille et nous invite à vivre aussi longtemps que nécessaire dans l’appartement du rez. « Mes grands parents ont vécu ici » nous explique-t-elle, « et ma grand mère, déjà veuve, est décèdée en novembre dernier ».

L’appartement ne semble pas avoir été habité depuis les funérailles. Il sent un peu le renfermé, est discrètement poussiéreux. A vrai dire, nous avons l’impression d’entrer dans un sanctuaire. Seule la moquette semble montrer des traces d’un passage régulier: celui du chien de la maison.

Manu et Leeroy dorment dans la grotte.

Michi nous montre une première pièce, étroite où il y a tout juste la place pour un lit d’enfant rabattable, muni de rideaux. Une probable ancienne chambre de bonne, qu’elle appelle affectueusement « ma grotte ». Elle a dormi là, petite. Michi est la mystérieuse châtelaine des lieu. Elle se déplace de pièce en pièce avec aisance. La fameuse grotte semble a elle seule résumer une partie de son enfance: des livres illustrés sur les dinosaures et les insectes. Une loupe. Des os de dinosaure à libérer d’un bloc de plâtre. L’ensemble est sombre et un peu lugubre, mais les garçons l’adoptent d’entrée de jeu, fascinés par la bibliothèque fournie.

Le salon-bureau et la salle-à-manger forment deux piéces contiguës lumineuses. Deux massifs chandeliers en cristal et des vitrines qui exposent une vaisselle en porcelaine abondante. Dans la chambre à coucher, un lit massif surmonté d’une sorte de baldaquin, un tableau de la vierge Marie, une coiffeuse. Sur le mur des photos des grands parents entourés de leur descendance. Une photo de leur mariage: lui en costume d’officier, elle en robe blanche simple, petite brune, heureuse. Dans la salle de bain communicante, trône encore une robe de chambre en velours couleur bordeaux. Sur le lit de la défunte, des draps en lin. « Les draps du lit ont été changé depuis » précise Michi, comme devinant nos pensées. Pas complétement rassurée je dormirais avec mon sac de couchage.

La chambre à coucher avec le lit baldaquin.

Au premier étage Michi vit avec une communauté d’étudiants depuis plusieurs années déjà. Elle travaille a coté de ses études de sciences de l’environnement au musée d’ histoire naturelle de Vienne. Elle nous propose de nous y faire entrer gratuitement le lendemain. Musée d’histoire naturelle le plus extraordinaire que nous ayons vue jusqu’à présent, soi-dit en passant. Parmi les autres résidents il y a entre autres Joschi, aussi étudiant en sciences de l’environnement. Il est de contact facile, drôle et habite là depuis 2 mois. Il y a aussi Edina, l’idéaliste, adepte des nuits à la belle étoile et du yoga matinal. Elle enseigne le français et est activiste chez ATTAC. Anita, la benjamine, sensible, est éducatrice de la petite enfance.

Photos de famille.

Après deux semaines, Joschi nous propose une soirée Babysitting. Il a invité son amie Bibi, elle aussi mère d’un enfant, et se montre très enthousiasmé de pouvoir garder nos trois enfants le temps d’une soirée. Nous aussi. Je laisse Ella dormir dans la chambre à coucher et arrange mon sac de couchage de façon à ce qu’elle ne tombe pas du lit. Nous sortons quelques heures en ville, à vélos, et rentrons peu après 1h30 du matin. Les enfants dorment tous paisiblement. Un petit mot nous attend sur la table de la cuisine: la soirée de babysitting s’est visiblement bien passée. La lumière etant encore allumée chez nos amis, nous lançons un dernier bonne nuit depuis la terrasse.

La salle à manger.

Le lendemain soir, notre dernier soir à Vienne, Joschi descend nous voir pour donner des détails de la soirée. Il a l’air assez excité et passablement impressionné par la maison. Je lui dis alors: « Tu sais, un jour j’ai puni Manu dans la chambre grotte. Et après un moment, je suis allé le voir. Il était assis devant la porte et non pas dans son lit prétextant qu il y avait un fantôme dans la chambre ». Cette histoire semble soulager notre homme qui surenchérit: « Moi aussi je pense qu il y a un fantôme ici. Hier soir j’ai lu des histoires avec les garçons. Puis pendant une demi-heure ils ont réclamé quelque chose: « Ché soaaaf! ». C’est en utilisant le langage des signes que Manu a réussi à me faire comprendre qu’il avait soif ». Le dialecte Suisse-allemand à Papa se montrant inopérant en Autriche. « Puis ils se sont endormis ».

A basse voix il continue: « Peu après les coups de minuit, alors que j’était dans le jardin avec mon amie, nous avons tout à coup vu la lumière de la cuisine s’éteindre. Nous avons accouru vers la maison, rallumé la lumière. Nous avons fait un rapide tour de l’appartement, sans voir d’intrus. Les garçons dormaient. Tout juste on entendait les ronflements rythmés de Manu. Puis nous avons pensé a la petite Ella dans la chambre. Nous n’étions pas encore jamais rentré dans la chambre de la défunte, mais là il le fallait bien. La veilleuse était allumée. Au premier abord nous n’avons pas vu le bébé. Sur le lit le sac de couchage formait une étrange pyramide au dessus de sa tête. Nous avons tout de suite pensé que c’était le fantôme de la grand-mère qui avait fait cela. Puis nous avons examiné d’autres hypothèses: un des collocataires aurait éteint la lumière par soucis d’économies? Pourtant après vérification aucun des autres habitants ne serait descendu dans l’appartement ».

Nous montons alors a l’étage faire nos adieux, accompagné de Joschi, encore tout excité. Presque tout les collocataires sont là, réunis autour de la table à boire du thé. Il y a aussi un étudiant égyptien de passage qui se joint à nous. Tour de table: Edina croit dur comme fer aux esprits et n’est point étonnée qu’un fantôme puisse hanter la maison. Elle n’a par contre jamais senti de prèsence en bas. Christian prend son téléphone portable et appelle une amie, qui une nuit a dormi en-bas dans la chambre de la vieille, mais qui aurait changé de chambre au milieu de la nuit. A-t-elle ressenti la présence d’un esprit? Elle ne prend pas l’appel. Christian propose alors à chacun d’être attentif à la présence de l’esprit de la grand-mère cette nuit et de l’interroger si elle à un message à faire passer. A l’égyptien de nous parler d’une manière assez désinvolte d’une maison de campagne familiale habitée par un esprit, qui se montre à travers les miroirs, soit sous forme grimaçante, soit sous forme souriante et qui fait claquer les portes. Silence…

Edina, Anita et Joschi. Anita visiblement inquiète.

Anita entre dans la pièce. Rapidement le sujet du soir la bouleverse et la tétanise. Oui, elle a une fois senti le fantôme de la grand mère lui souffler quelque chose a propos d’un mystérieux livre. Puis elle se met à raconter la vie de cette grand-mère, qu’elle aurait lu dans une autobiographie. Patrick se lève et sort de table pour descendre au rez. Nous pensons tous que c est pour voir si les enfants, qui dorment déjà en-bas, vont bien. Il remonte peu après avec son appareil photo. Anita a l’air perplexe, elle perçoit la frayeur collective presque délirante et la personnifie. Elle se lève pour se retirer dans sa chambre.

Nous théorisons encore sur la raison de ce fantasme collectif. Patrick de manière rationnelle et moi je tente une analyse du phénomène de groupe. En effet l’avenir de cette communauté est incertaine en raison des questions d’héritage de la maison. Le fantasme de fantôme serait-il lié à la crainte de devoir quitter ce petit coin de paradis? Patrick fait justement remarquer que la principale intéressée, Michi, ne participe pas au débat.

Edina et Michi.

Aussitôt Michi apparaît sur le pas de porte. Elle écoute la discussion d’une manière plutôt détachée, un sourire au coin des lèvres. Je lui demande comment s’appelait sa grand mere. « Gertrude mais tout le monde l’appelait Traudl ». Puis elle disparaît un bref instant avant de revenir avec un livre. « Quand vous reviendrez de votre voyage et si l’histoire de ma famille vous intéresse, je vous enverrais un exemplaire de ce livre: « Meine Errinerungen » de Gertrud Jancsy. Je le parcours rapidement: il ya des photos de cette fameuse grand-mère jeune puis adolesente. L’histoire est écrite via un dialogue entre une mère et son fils Peter. Elle raconte entre autre l’histoire extraordinaire de la rencontre de ce couple, tous deux autrichiens dans l’apres guerre, enprisonnés dans un camp de concentration russe pour des raisons politiques. Et comment pendant plusieurs mois, alors qu il ne se connaissaient pas, ils entament une correspondance assidue, écrite et par morses, leur cellules respectives étant à distance de vue. Et comment plusieurs années plus tard, ils se sont enfin retrouvé, libres, pour se marier et s’installer dans cette maison familiale.

Joschi découvrant les mémoires de Traudl Jancsy.

Ces mémoires sont dédiés à ses enfants et petits-enfants et ont été publiés quelques années avant sa mort. Elles laissent percevoir une femme forte heureuse de sa vie et morte en paix avec ses paires. Pas de quoi fomenter une histoire de d’esprit hanté à la recherche d’une réparation quelquonque.

Mais la famille à Michi n’a pas été la seule à habiter cette maison. Du temps de la guerre, chaque pièce était occupée par une famille. Ca doit donc fourmiller d’histoires plus ou moins heureuses…

Fantôme ou non, le mystère de cette lumière soudainement éteinte rester entier. Merci beaucoup à toi Michi (et a ta grand-mère Traudl) de nous avoir accueilli si généreusement pendant près de 2 semaines. Nous avons beaucoup apprécié cet espace, de pouvoir lui redonner un peu de vie, des rires et des bruits de pas d’enfants, et de lui ramener les odeurs de pain chaud, de viande rôtie et de gâteaux qui devaient certainement régner du temps de ta grand-mère.

Sur la terrasse de la maison à Michi.

P.S. Aucun fantôme ne semble s’être annoncé dans la nuit suivant la soirée chez aucun des habitants. Autre signe que la grand-mère semble être partie en paix. Mais ça, Michi le savait déjà.

1 comment to Wien – La maison hantée

  • Brian Gettler

    Salut nomadbikefamily!

    Je viens de passer quelques minutes bien agréables à fouiller dans vos écrits et vos photos de voyage. Whistle some Bob Dylan for me! Patrick comme toujours tes photos sont magnifiques et Sandra ta prose est un pur plaisir à lire (même s’il faut sûrement se méfier d’un tel compliment lorsqu’il est émis par un anglophone). J’ai hâte d’apprendre la suite de vos exploits!

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