A sample text widget

Etiam pulvinar consectetur dolor sed malesuada. Ut convallis euismod dolor nec pretium. Nunc ut tristique massa.

Nam sodales mi vitae dolor ullamcorper et vulputate enim accumsan. Morbi orci magna, tincidunt vitae molestie nec, molestie at mi. Nulla nulla lorem, suscipit in posuere in, interdum non magna.

le lundi, 27 juin 2011 à 18:30

Costinesti/Malko Tarnovo – L’Exotisme Bulgare

Un pays difficile à apprivoiser

Pause de midi dans un abri-bus.

Dès le passage de la frontière, c’était le no man’s land. Des champs défrichés à perte de vue. Partout des parcelles à vendre. Pas une vie humaine. Les enfants et leurs cris de joie à notre passage avaient disparu. Même les chiens me manquaient. Le climat semblait s’accorder à l’atmosphère, froid, maussade et gris.

Nous nous sommes arrêtés au premier village, environ à quarante kilomètres de la frontière, pour trouver un gite. Les villageois nous dévisagèrent longuement. Une femme, accompagnée de sa fille, connaissait une dame qui pourrait peut-être nous loger. Je la suivis jusqu’à une petite villa plain-pied. La chambre était simple et remplie de réserves de pommes de terre. La salle de bain se résumait à un accès à un robinet d’eau dans le jardin. La logeuse négocia un prix mais j’ignorais combien il nous restait d’argent. Nous avons alors rejoint Patrick qui attendait avec les enfants et les vélos sur la place du village.

Les garçons fiers de leur trouvaille.

Un groupe de curieux s’y était rassemblé. Lorsque nous sommes arrivées sur la place, la logeuse a soudainement changé d’avis et a fait demi tour. Je ne pus obtenir une quelconque explication. Un homme imposant et ventripotent nous fit alors signe de partir. Nous étions stupéfaits, ne comprenant pas ce qui s’était dit entre les villageois. Le monsieur ventripotent parlait pourtant bien le roumain mais ne daignait pas répondre à nos interrogations. Nous n’avions pas d’autre choix que de trouver une autre solution.

Afin de pouvoir camper il nous fallu de l’eau que nous demandions à une villageoise un peu plus loin. Celle-ci ne voulut absolument pas laisser entrer Patrick dans son jardin pour remplir les gourdes au robinet. Une telle méfiance était pour nous un fait nouveau. Quelle image donnions-nous dans ce pays?

Finalement nous avons trouvé un terrain à l’abri des regards à la sortie du village. La nuit tombait. Les garçons se dégourdirent les jambes dans un champs plein d’ossements animaux qui attisa leur fantaisie, fascinés par la frontière entre la vie et la mort. Le lendemain après une nuit et une matinée orageuse, nous levions tardivement le camp. Sur la route un panneau indiquait une interdiction pour les vélos. Mesure absurde, vu le trafic plus que parsemé, et de toute façon il n’existait pas d’autre alternative. Patrick y vit une certaine cohérence dans ce village qui n’avait pas voulu de nous.

Arrivée de soir à la station de service de Balchik.

Pédaler, pédaler pour arriver le plus vite possible à une ville. La route est parfois pleine d’illusions. Ce jour là elle semblait plate, sauf que nous avions l’impression de ne vraiment pas avancer. Les vélos étaient-ils en train de nous faire payer le fait que nous les avions délaissé pendant nos deux semaines à la plage? En réalité le chemin montait doucement mais constamment pour atteindre plus de 500 mètres de dénivelé.

Nous sommes arrivés éreintés à la prochaine ville à la nuit tombante. Affamés, nous nous sommes d’abord arrêtés à la station de service pour nous sortir de la fringale, puis pour prendre des renseignements. Mauvaise nouvelle, les hôtels étaient tous situés au bord de la mer, à 500 mètres de dénivelé plus bas. Pas question de descendre pour aussitôt remonter le lendemain. Après avoir vainement demandé quelques autorisations de camper, nous sommes retournés à la station, avons soupé tranquillement, puis nous nous sommes installés sauvagement en face de la station entre une haie de feuillus et des herbes hautes. Il était passé minuit. Le vent soufflait en rafales. Les enfants transis de froid avait fini par s’endormir à l’abri dans leurs chariotes. Nous commencions à avoir l’habitude de monter le campement dans le noir, pour ne pas être importunés. Puis enfin, l’heure était venue pour nous aussi: qu’il était bon de s’enfiler dans nos draps. Le sommeil fut profond, en dépit du vent tempétueux.

Après la pluie...

Le lendemain nous avions hâte d’arriver à Varna, ce qui finit par arriver à la fin d’une descente vertigineuse. Malgré le soulagement d’arriver en ville, impossible de lâcher l’attention. Le trafic dense et l’obligation d’emprunter des voies rapides étaient toujours éprouvants.

Varna était une station balnéaire touristique avec un charme désuet. Dans la grande avenue piétonne qui menait au centre ville, un homme nous accosta pour nous proposer une chambre pas chère. L’affaire sembla d’emblée compliquée, lui-même n’étant qu’un intermédiaire et la-dite chambre étant occupé par un étudiant qui serait peut-être en partance. Comprenant que nous étions moyennement intéressés, l’homme s’est subitement retourné alors que nous n’avions pas fini notre phrase et a continué son chemin comme si cette conversation n’avait jamais eu lieu, laissant nous sur place pantois. Vraiment, il nous manquait la clé pour comprendre comment communiquer en Bulgarie…

Manu au marché à Varna.

Soudain l’homme réapparut avec une femme distinguée parlant anglais, la logeuse apparemment qui nous proposa d’aller voir à l’église s’ils pouvaient nous héberger, car sa chambre n’était finalement pas libre. Décidément pour une fois que nous ne cherchions absolument pas à être hébergé dans ce voyage, le sort s’en mêlait. Tant pis, car nous avions décidé de nous offrir une belle chambre d’hôtel après ces quelques jours difficiles.

a

a

a

Bridget, un oasis anglais dans le désert bulgare

Les garçons qui nous mènent chez Bridget à vélo.

Après deux nuits de repos et une mauvaise grippe soignée par une bonne séance de sauna, nous reprenions la route. Mais j’étais encore épuisée. Patrick avait repéré une possibilité d’hébergement via internet à une vingtaine de kilomètres de la ville. Mais notre hôtesse n’était pas joignable. Nous décidions de jouer notre va-tout et d’aller directement chez elle. Nous n’avions aucune adresse, uniquement le nom du village et son prénom: Bridget.

A l’entrée du village qui ne semblait pas si petit, nous apostrophions un homme qui travaillait comme agent de sécurité dans une villa luxueuse. Il connaissait bien une dame anglaise et demanda à des jeunes garçons de se renseigner et de nous accompagner chez elle. Bridget semblait connue comme le loup blanc et prononcer son nom semblait faire disparaitre d’emblée la suspicion habituelle. Tout se passa comme sur des roulettes. Un voisin appela Bridget qui était en déplacement à Sofia et elle nous invita à loger chez elle malgré son absence!

Automne à Priseltsi.

La maison était confortable et cosy. Un poêle au feu de bois pour cuisiner et chauffer, une douche chaude et une vue magnifique sur les collines. Le lendemain, un de ses voisins nous invita à l’accompagner aux bains publics thermaux de Varna. Derek était anglais comme Bridget et comme beaucoup de ses compatriotes avait investit dans une maison dans la région, séduit par les bords de mer sauvage et la lande. Il nous racontait ses mésaventures au pub, véritable centre névralgique de ce village paumé. Nous écoutions amusés ses aventures, curieux de découvrir le mystérieux mode d’emploi pour communiquer en Bulgarie.

Bridget nous a accompagné 20 km sur notre voyage à vélo.

Bridget, qui était revenue le lendemain de notre arrivée, nous en donna une illustration encore plus colorée. Elle avait fait le choix de quitter à 50 ans l’Angleterre et un fils marié pour mener un projet social en Bulgarie. Elle avait travaillée jeune dans une ONG à Sofia avec une équipe de travailleurs sociaux et n’avait jamais perdu contact. Il y a 6 ans elle avait investit son argent dans cette maison de 3 étages et monté un projet d’hébergement pour personnes en difficulté. Depuis, le projet attendait l’approbation et la libération d’un budget pour les éducateurs et le fonctionnement du foyer. Durant notre séjour, les autorités ont effectué une ixième visite en promettant le démarrage prochain du projet. Bridget gardait espoir que cette fois-ci ce soit pour de bon. Un projet sans but lucratif où elle mettait à disposition sa maison, son énergie, en espérant avoir une modeste reconnaissance et un rôle à jouer. Aux dernières nouvelles, sa formidable patience semble avoir payé et le foyer accueille un groupe d’une dizaine de femmes handicapées.

Encore une journée à vélo qui s'annonce maussade.

Les garçons adorèrent d’emblée cette sympathique grand-mère anglaise et passèrent des heures à jouer avec elle à des jeux de société.

Nous avons décidé de partir le matin du troisième jour, Sandra étant complètement remise de sa virose. Bridget et Derek nous firent la surprise de nous accompagner à vélo sur une vingtaine de kilomètres, ce qui rendit le départ plus doux. Nous nous étions tous attachés à ces gens adorables.

Les jours suivants, une pluie torrentielle nous honora jusqu’à Burgas. Sous la pluie battante et la nuit tombante, Patrick fit un effrayant vol plané en glissant sur un passage ferroviaire. Un gros bleu sur la cuisse et un levier de vitesse cassé. Nous nous estimions heureux, car avec le trafic important sur cette route et vu les conditions, ça aurait pu être bien plus grave. Soulagés nous atteignions enfin Burgas et nous nous réjouissions d’avance d’une bonne douche chaude, du repos et de pouvoir panser les plaies avant le dernier schuss.

Bivouaque dans la nature, entourés d'ours et de loups?

La frontière naturelle entre la Turquie et la Bulgarie était un vaste massif montagneux sans villages, recouvert d’une forêt à perte de vue, infestée d’ours et de loups. Nous avions des vivres pour les quelques jours qu’il nous faudrait pour grimper à travers ce bois. Sous la pluie et dans la boue. S’en était bientôt fini de notre aventure bulgare. En raison du mauvais temps et de la frilosité des villageois, en Bulgarie nous avions surtout fait le tour des stations services et des abris-bus. Nous avions soif d’un autre type d’exotisme et mettions les bouchées doubles pour passer le dernier col, cette fois sous le soleil.

Your browser could not include this object

Leave a Reply

You can use these HTML tags

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>