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le jeudi, 09 septembre 2010 à 07:00

Esztergom/Herczegsanto – En pays hongrois

Bains de Komaron.

La Hongrie, nous en connaissions le goulasch de réputation. Nous y découvrons désormais les bains en plus. Et quelle bonne surprise! D’autant plus que les bains y sont faits pour toute la famille: grands-parents, parents et enfants. Tout le monde y trouve son compte. Il est fréquent que les trois générations s’y retrouvent pour se prélasser dans les différents bassins, picniquer, y passer leur journée de weekend en famille. Et comme la chaleur est au rendez-vous, nous apprécions doublement.

La tête rafraichie, nous attaquons à la langue hongroise… et nous nous mordons la langue. Nous devons vite déchanter en nous rendant compte que cette langue n’a aucune ressemblance avec les langues que nous connaissons. Elle serait originaire d’un peuple au-delà de l’Oural et une cousine du finlandais. Un coup d’oeil sur les différents panneaux d’écriture suffit à se faire une idée: des mots interminables, improbables et imprononçables pour nous.

Pont vers Esztergom entre la Slovaquie et la Hongrie.

L’entrée en Hongrie se fait à Esztergom, en traversant le Danube depuis la Slovaquie. Nous remarquons quelques changements subtils: d’abord la mode, d’aspect plus rétro, années ’70. Des pantalons limite pattes d’éléphants, avec plis devant, t-shirt polo blanc immaculé, la raie des cheveux de coté. Ensuite les marchés, plus colorés, avec des produits et des marques que nous ne connaissons plus.

Et les gens? Des gens fiers de leur pays. Fiers de l’histoire de leur pays. Quelque peu nostalgiques de l’époque de l’empire austro-hongrois et portant parfois un peu de rancoeur envers la France, tenue comme responsable principale du dépeçage de leur pays après la première guerre mondiale. En effet à cette époque la Hongrie a perdu de larges territoires en faveur de la Yougoslavie, de la Roumanie et de la Tchéquoslovaquie.

Cette ranceour est cependant quelque peu atténuée par la présidence française de Sarkozy. Présidence qui est vue avec quelque « Schadenfreude ». Car Nicolas Sarkozy, descendant d’émigrés hongrois, porte un nom fréquent parmis la population Rom hongroise. Ces mêmes Roms que le président français s’efforce de renvoyer chez eux, prétextant d’agir pour l’amélioration de la sécurité du pays. Peut-être une histoire familiale refoulée…

Coupe du Monde en direct sous la tente. Merci la technologie!

Mais en général, lorsque Sandra évoque sa nationalité française, c’est plutôt un sentiment de pitié qui prédomine. Pitié de la prestation de l’équipe de France à la Coupe du Monde de football en Afrique du Sud. S’il vaut donc mieux ne pas évoquer les guerres mondiales avec les hongrois, s’il vous plaît, évitez de parler Mondial avec Sandra…

Le Mondial nous apporte une distraction bienvenue après les journées de vélo. Même si trouver le temps (après avoir fini de s’occuper des enfants) et l’endroit, où regarder, est un sport en soi! La technologie nous donne parfois un sacré coup de main et nous permet de regarder une demie-finale sous la tente…

Les camping à haute valeur ajouté (avec Wifi) peuvent aussi attirer des dangers… Et pas manqué, cette-là nuit un voleur visite les tentes et camping cars du domaine, alors que nous dormons profondément. Ce n’est que le lendemain, en retrouvant nos vestes, laissés dans le vestibule la veille, à 20 mètres de la tente que nous réalisons ce qu’il s’est passé. Heureusement que nous n’avions pas de valeurs dans les vestes. Ce n’est que plus tard que nous remarquons qu’il manque aussi un sac de jouets à Manu. Mais qui irait piquer les jouets à Manu en pleine nuit? Pensait-il y trouver des lingots? Il y aura trouvé des Legos et devait être bien déçu, car le sac aussi est retrouvé plus loin en compagnie du pantalon d’un autre campeur, qui lui ne retrouve plus son porte-monnaie garni… Après le premier épisode du genre, mais sans conséquence heureusement, nous nous jurons d’éviter encore plus les campings.

Ile de Szentendre. Le pêcheur.

Mais le principal reste la route, n’est-ce pas? Et de ce côté et jusqu’à Budapest, les itinéraires vraiment cyclistes deviennent rares et le traffic de plus en plus dense, jusqu’à devenir difficile à l’approche de la capitale. L’île de Szentendre, que nous rejoignons en ferry, devient dès lors une véritable île de la paix, avec des paysages bucoliques à souhait, que nous apprécions au plus haut point. Les quelques villages se montrent sous leur plus bel aspect avec de vieilles maisons traditionelles, des jardins fleuris et soignés. Les personnes âgées se retrouvent devant leur maison, assis sur des bancs à discutailler ou simplement à contempler le temps qui passe. Les troupeaux de moutons, vaches et chevaux paissent ensembles et se laissent à peine distraire par notre passage. Le bord du Danube nous invite à un bivouac des plus agréables, en compagnie d’un pêcheur émérite, qui nous quittera au moment où nous couchons et que nous retrouvons en sortant de la tente dès l’aube.

Parlement de Budapest.

Comme nous devenons prévoyants pour les grandes villes, nous nous approchons le jour avant l’entrée à Budapest de 30 km du centre ville. Et cette fois nous avons même une adresse. Un collègue cycliste que nous avons accueilli à Genève un an auparavant. Et comme d’habitude nous nous faisons piéger par la taille et les difficultés de la métropole. Notre hôte habite en effet à 16 km du centre ville, à l’opposé de notre point d’entrée. La circulation et les itinéraires cyclistes parfois difficiles à trouver (ou inexistants) rendent la tâche encore plus compliquée. Sans compter la chaleur qui nous oblige de faire un arrêt au bord d’un lac. L’arrivée se fera donc à la tombée de la nuit… Mais Christine, l’épouse de notre hôte a eu la gentillesse de nous préparer un souper. Et la douche des garçons ainsi que la notre sont aussi plus que bienvenues!

Coucher du soleil sur le Danube.

A Budapest nous logeons sous les combles d’une maison de famille. Nous tenons deux nuits mais au bout de la troisième, la chaleur nous fait craquer et nous finissons par monter la tente sous un arbre dans le jardin. La fraicheur du jardin aura raison sur le confort du lit. Quelques jours de repos et visites à Budapest plus tard, nous continuons notre chemin.

Le sud de la Hongrie devient pour nous une des périodes les plus agréables du présent voyage. Nous nous sommes acclimatés à la chaleur et profitons pleinement de bivouacs sauvages au bord du Danube. La route longe les digues du Danube à distance du traffic et traverse de petits villages. La platitude parfaite du tracé épargne nos cuisses et genoux. Les cyclotouristes se font rares après Budapest. A Faijz nous plantons notre tente à l’arrière d’un bistrot de village. Le couple de tenancier se révèle fort aimable et prévenant et nous offre même une bouteille de vin au départ.

Baja. Sandra, Ella et Clara.

Puis arrive Baja. Petite ville au style méditérannéen aux charmes méconnus. Nous y sommes accueillis chez Miki et Clara et leurs enfants. Grâce aux indications SMS d’une de leurs filles nous arrivons à bon port. Une façade quelquonque. L’entrée se fait par une porte qui mène à un couloir étroit puis au jardin. Un autre monde: des fleurs, des arbres fruitiers, un jardin potager, une grande terrasse avec une énorme table endimanchée et couverte qui nous attend. Et la cuisine: pleine de charme, une exubérance d’objet, condiments, de vaisselle biguarrée rassemblée dans des vide-greniers, des anciens vaisselliers rénovées. Un pêle-mêle ou pourtant chaque objet semble y être à sa place. Une cuisine comme nous en rêvons. Et la famille qui est d’une gentillesse simplement extraordinaire et avec qui il fait vraiment bon rire, manger et boire à table.

Chez Clara et Miki.

Miki, le maitre de la maison a fait ses études de philosophie à « Leningrad », St. Petersbourg de nos jours. Avec son crâne dégarni, sa barbichette poivre-sel, la ressemblance avec l’illustre révolutionnaire saute aux yeux. Baja et la famille de Miki et Clara restera pour nous un de ces endroits magiques du voyage.

Les adieux sont d’autant plus difficiles après trois jours passées dans le bonheur. Les préparations s’étirent et c’est que peu après midi que nous réussissons à lever la pédale. La larme à l’oeil. Une dernière embrassade, un dernier signe de la main et c’est parti. Comme souvent, les départs sont des moments tristes pour nous. Et pourtant, le premier coup de pédale donné, c’est une sensation de liberté immense et indescriptible qui nous prend. Une sensation magique. Comme si il n’existait plus que nous et la route. Le passé derrière nous, le voyage à l’avant. Et ces rencontres qui nous donnent la force et le courage de continuer.

Hercegszanto. Sous les arbres fruitiers (ici des pêches).

La traversée de la Hongrie se termine à Herczegsanto, dernier village avant la frontière avec la Serbie. Nous y campons dans un jardin d’arbres fruitiers d’une petite maison de vacances où s’est rassemblé une bande d’amis pêcheurs. Equipe particulière, puisque parlant l’allemand ou plutôt le souabe en raison de leurs origines. Des ancêtres qui ont émigrés de la forêt noir en 1720 quand même (on les comprend, vue la pluie qui y tombe). Et pourtant la langue s’est perpétuée! Et pas seulement la langue: une certaine générosité avec la nourriture et la boisson aussi!

La rencontre avec ces souabes n’est que le prélude du métissage (parfois difficile) qui nous attend en Croatie et en Serbie.

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