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le lundi, 02 mai 2011 à 19:00

Le dispensaire 1ère partie: Débuts difficiles

Le dispensaire.

A peine arrivé à Behenjy, ma tante Jeannette, médecin chef du dispensaire, nous a accueilli en nous remettant les clés de la baraque. Elle serait absente les deux semaines suivantes, mais ayant lu notre CV, disait-elle, elle partait en toute quiétude le lendemain matin! Pour nous seconder un infirmier parlant un peu le français, qui se faisait attendre pour reprendre sa garde, une distributrice de médicaments dévouée et une aide au ménage effacée.

La première chose que nous constations avant même de voir des patients, c’était qu’au niveau du ménage et de l’hygiène, il y aurait eu de quoi nous occuper pour un moment… Mais là n’était ni notre principal souci, ni celui du personnel sur place. Les patients étaient souvent vus en quelques minutes et la réponse tenait souvent à cette unique recette miracle: la piqûre dans les fesses! Le moindre rhume ou la moindre égratignure semblaient y avoir droit. Pour que les patients aient l’impression qu’ils ne sont pas venu pour rien, soit-disant. Les antibiotiques étaient prescrits au mieux au pif, au pire de manière aléatoire, que ce soit pour le choix (restreint) et le dosage. Une dame avec une crise d’asthme mal traitée faillit y passer, sans parler des nombreuses erreurs diagnostiques évidentes et des traitements sans fondements… Et lorsque nous essayions de suggérer tel ou tel chose, la réponse de l’infirmier, avec qui nous partagions les consultations durant ces deux premières semaines, se limitait à « Les patients malgaches, ce n’est pas comme vous les occidentaux! »

Tante Jeannette au bureau.

Vous l’aurez compris, les relations avec nos collègues locaux n’allaient pas sans quelques sérieuses frictions. Nous étions parfois perçus comme des empêcheurs de tourner en rond, car interférant avec le trafic de médicaments de certains collègues vendus sous la table ou avec de petites habitudes médicales bien peu orthodoxes, ou pour d’autres une excuse pour ne simplement pas travailler, s’absenter et/ou s’adonner à la boisson, les bons et généreux « wazas » (étrangers) étant présents pour assurer…

Rapidement nous avions l’impression, sans le vouloir, d’entrer dans la case du méchant colonisateur qui voudrait imposer et tout changer pour le mieux (ou le pire), envers et contre tout. Pourtant ce n’était pas comme ça que nous imaginions notre rôle. Nous avions donc essayer de sonder au près de tante Jeannette, dès son retour, en quoi nous pourrions être utiles…

Présentation d'un futur projet d'aide aux adolescents pour Behenjy avec M. le Directeur régional du Ministère de la santé, le bailleur de fond du Japon ainsi que la délégation tunisienne, responsable de la mise en pratique du projet.

Apporter des fonds ou du nouveau matériel ne lui semblaient pas judicieux, l’argent finissant la plupart du temps à être détourné et le matériel étant parfois dérobé pour être revendu, ou simplement enfermé sous clef pour ne pas l’être… et donc pas utilisé. C’est le sort que subissait depuis plus de sept ans dans une armoire un autoclave (sorte de cuiseur à vapeur pour stériliser du matériel médical) tout neuf offert à l’époque par un notable du village.

Améliorer l’hygiène dans le dispensaire? D’autres étaient apparemment déjà passés par là comme en attestaient les affiches sur le lavage des mains et des instruments au-dessus du lavabo. A perte. La personne responsable du nettoyage avait reçu son poste par filiation et ne daignait pas se salir les mains à cette tâche ingrate, préférant payer une autre personne pour le faire à sa place (et qui ne sachant pas lire, avait bien de la peine à suivre les instructions sur les affiches). L’autoclave qui aurait eu toute sa raison d’être pour nettoyer les instruments nécessaires au traitement des nombreuses plaies, nous en connaissions déjà le sort! L’alcool pour la désinfection était une denrée rare et distribuée de manière spartiate, car finissant souvent dans les mauvais goulots! La javel était également distribuée de manière spartiate, car détournée pour des besoins privés ou revendue.

La fête de fin d'année du personel soignant de la région

Et concernant le partage de savoir, l’échange d’expériences ou l’éducation, l’intérêt était (très) limité et nous sentions une méfiance bien insulaire à tout ce qui pouvait provenir de l’extérieur. Par la suite nous avons aussi eu l’impression que parfois certaines personnes étaient peut-être intimidés ou pouvaient avoir l’impression de ne pas être à la hauteur de ce que nous pourrions leur apprendre.

Quoi qu’il en soit, nos débuts étaient marqués par une certaine frustration et une nécessité de s’adapter à une situation à laquelle nous nous attendions pas vraiment. Si nous avions l’impression de voir et reconnaître de nombreux obstacles au meilleur fonctionnement du dispensaire, nous avions beaucoup plus de peine à imaginer des solutions à tous ces problèmes. Au moins la relation avec la tante était excellente et tous les sujets pouvaient être abordés et discutés aussi ouvertement et simplement que possible. Seulement chaque mal semblait avoir une racine si profonde et aussi vieille que le monde, la responsabilité était tellement diluée à différents échelons que toute tentative d’y remédier dans la constellation présente semblait vouée à l’échec.

Nous avons dès lors dû sérieusement revoir nos ambitions à la baisse afin de garder le sourire et de profiter au plus de cet intermède malgache. Notre objectif de base était en effet de passer au mieux l’hiver, en faisant plus ample connaissance avec notre famille malgache, en scolarisant les garçons pour cette période et en profitant du climat clément. « Seuil bas », c’était le nouveau mot d’ordre que Sandra essayait d’inculquer à Patrick.

Après une petite période dite de désillusion, nous décidions de consulter le lundi (jour de pointe après le weekend) ainsi que le mardi et le vendredi (jours de marché, où les gens affluaient des villages environnants). Cela permettait de fixer un cadre pour nous, nos collègues ainsi que les patients. Nous avons aussi trouvé une équipe fantastique de jeunes étudiants au village qui nous ont secondé pour la traduction. Les professeurs d’université étant en grève depuis de nombreux mois, ces étudiants attendaient depuis l’été vainement la reprise des cours. Au final un semblant de travail d’équipe s’établissait au dispensaire.

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1 comment to Le dispensaire 1ère partie: Débuts difficiles

  • bonjour,

    A propos de cette lettre que vous avais écrit dans ma vie natal est très impressionnant et ca me touche beaucoups, mes vous aurai l’occasion de chercher le problème de la déroulement das ce CSB2 là?

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