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le jeudi, 05 mai 2011 à 19:00

Le dispensaire 2ème partie: Une prise en charge semée d’embuches

A l'hôpital régional CHD2 d'Ambatolampy à 25 km au sud de Behenjy.

Malgré toute les défis posées par le travail au dispensaire, le plaisir de consulter des patients restait entier et il était étonnamment facile de se replonger dans le travail après avoir posé le stéthoscope pendant plus d’un an. Des mondes séparaient Genève de Madagascar. Les soucis des gens restaient cependant étrangement semblables. Mais la manière d’aborder les problèmes était radicalement différente, dû à l’absence de quelconque examens complémentaires, au choix restreint de médicaments, à la pauvreté des gens et aux différences socio-culturelles.

Les moyens

Patiente à la consultation tendant son carnet de santé.

En l’absence totale d’aides techniques au diagnostique, ce dernier était relativement facilité par la clinique souvent criante. Les gens consultaient majoritairement lorsque leur maladie était assez avancée. L’image clinique présentait alors tout les attributs tels que décrits dans les livres. Et lorsque le doute diagnostique subsistait, il ne restait plus qu’à essayer d’établir une stratégie de traitement en tenant compte des probabilités des maladies, de leur gravité, de la disponibilité des traitement et en dernier lieu des moyens financiers du patient… Souvent nous étions la dernière station après le ou les guérisseurs locaux, le curé et le médecin libéral. Les soins au dispensaire étant gratuits, les gens montraient une certaine méfiance à leur encontre et préféraient souvent dépenser des sommes relativement importantes chez le médecin libéral originaire du village même. Même si on avait pas le sou, ici aussi on se méfiait de ce qui est bon marché (ou gratuit).

Les médicaments

Le centre de distribution de médicaments de la région du Vakinankaratra à Ambatolampy.

L’accès aux médicaments se faisait le plus souvent à la pharmacie du dispensaire géré par une dispensatrice. Le choix des médicaments était défini par le ministère de la santé et chaque dispensaire pouvait se les procurer dans une centrale de distribution régionale. En raison de la crise politique, l’approvisionnement n’était cependant pas toujours satisfaisant. Il est ainsi arrivé que nous soyons en rupture de stock d’antibiotiques, de désinfectants, de paracétamol et d’anti-inflammatoires pendants plusieurs semaines. Aussi un certain nombre de médicaments de base tel que des anti-hypertenseurs ou des traitement de l’asthme étaient absents de la liste! Pourtant les patients aux maladies cardiovasculaires représentaient plusieurs patients par jour! Il restait alors l’accès aux pharmacies privées (souvent hors de prix pour les villageois) ou aux médicaments offerts par des donateurs étrangers et qui étaient la plupart du temps revendus, mais à des prix plus accessibles.

Dans la file pour la consultation des vaccinations.

La gestion de la pharmacie posait également des problèmes parfois abracadabrants. En raison de vols répétés, la clé de la pharmacie était uniquement confiée à la dispensatrice. Ainsi il était fréquent qu’il faille aller la réveiller au milieu de la nuit en raison d’un accouchement, d’une urgence médicale ou d’un accident de la route. Si elle était absente, parfois pendant plusieurs jours, il était alors tout simplement impossible d’avoir accès aux médicaments!

Nous avons essayé de remplacer certains produits comme nous pouvions. Par exemple les fils de sutures étaient remplacés par des hameçons et du fil de pêche… Pour palier au manque de désinfectants et d’antibiotiques nous avons du chercher plus longuement une autre solution et avons finalement commencé à traiter les plaies avec du sucre cristallin! Les accidents aux champs étaient fréquents et les plaies aux membres inférieures souvent traversantes et purulentes (après quelques jours d’évolution naturelle ou de traitement à la salive…). Les résultats avec le sucre étaient alors tout à faits stupéfiants. Le traitements des plaies durant facilement plusieurs semaines, cette manière permettait aux gens d’économiser substantiellement et de moins s’endetter et de moins se priver!

La pauvreté

Patient à la consultation.

Et voilà le cœur du problème: le manque de moyens des malgaches! La plupart des habitants de la région étaient agriculteurs. Le salaire moyen aux champs était d’environ 2 francs suisses par jour. Le coût d’un traitement antibiotiques variait selon le traitement de 20 centimes à 2 francs suisses par jour. Et comme la plupart des gens travaillaient pour pouvoir manger le jour même, il arrivait parfois que des gens consultent le matin, qu’ils doivent chercher un travail durant la journée pour pouvoir acheter un traitement le lendemain.

Mais le plus difficile était lorsque la personne avait des indications à être hospitalisée. Là les problèmes devenaient une montagne: il fallait trouver l’argent pour le déplacement (pour plusieurs personnes le plus souvent, aucun service hôtelier existant dans les hôpitaux) avant même de trouver l’argent pour le traitement hospitalier en soi (soins, examens, traitements). Il fallait s’organiser pour que qu’on s’occupe des enfants restés à la maison (à Madagascar, on est riche si on a treize enfants, dit le proverbe qui est encore pris très au sérieux). Les patients et la famille devaient alors se démener pour trouver l’argent nécessaire, en faisant la quête chez les autres membres de la famille, en vendant des bêtes voir même des terres, menant les gens à s’appauvrir encore plus! En dernier ressort il était possible de faire appel au maire, qui pouvait en cas d’urgence mettre son véhicule à disposition pour le transport. Beaucoup choisissaient néanmoins de repousser l’hospitalisation le plus possible ou d’y renoncer tout simplement… et de mourir, ou de laisser mourir.

Patiente nécessitant une hospitalisation urgente attend le verdict d'une membre de famille à qui on a fait appel pour prêter l'argent necessaire.

La décision de se soigner en effet n’appartenait pas toujours à l’individu concerné. Cela devenait évident dès l’arrivée au dispensaire, quand on voyait débarquer toute la famille! Il fallait alors parfois négocier le plan de traitement avec les personnes faisant autorité ou les personnes pouvant prêter l’argent. Et en général, ici, prêter de l’argent c’était donner. Espérer un remboursement était illusoire.

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2 comments to Le dispensaire 2ème partie: Une prise en charge semée d’embuches

  • Gisela

    Je suis impressionnée par votre article et la problématique financière pour les personnes qui ont des problémes de santé.

    Est-ce qu’il y a la possibilité de donner un don à l’hôpital ?

    Merci de votre réponse et encore bon voyage

    gisela

    • Patrick Patrick

      Chère Gisela,

      Il est en effet difficile de concevoir à quel point un nombre incroyable de gens est sur le fil du rasoir lorsque il s’agit de questions de santé.

      Malheureusement, comme nous l’avons écrit dans la première partie de la série sur le dispensaire, il est dans le cas particulier vraiment difficile d’apporter une aide efficace et utile. Notre tante elle-même ne voyait pas vraiment comment nous pourrions l’aider, car elle est souvent absente du dispensaire en raison de ses engagements au niveau de la Croix Rouge. Et sans supervision directe et soutenue…

      Cependant nous avons (vers la fin) rencontré les médecins des autres dispensaires de la région du Vakinankaratra. Et ça a fait du bien de constater que dans d’autres dispensaires les choses pouvaient mieux fonctionner quand certaines conditions sont réunis.

      Malgré les difficultés (ou peut-être parce que c’était difficile?) nous avons eu beaucoup de plaisir lors de notre première expérience du genre et il n’est pas exclu que nous récidivions un jour, avec cette fois un projet concret d’aide. Et les besoins sont tellement grands partout, qu’il doit être possible de trouver un terreau fertil à condition de prendre le temps de le choisir soigneusement.

      Nous ne connaissons pas de projet précis au-quel tu pourrais apporter ton aide, mais peut-être qu’il y a des lecteurs qui sont au courant de projets de valeur?

      Gros bisous à toute la famille!

      Patrick

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