A sample text widget

Etiam pulvinar consectetur dolor sed malesuada. Ut convallis euismod dolor nec pretium. Nunc ut tristique massa.

Nam sodales mi vitae dolor ullamcorper et vulputate enim accumsan. Morbi orci magna, tincidunt vitae molestie nec, molestie at mi. Nulla nulla lorem, suscipit in posuere in, interdum non magna.

le dimanche, 08 mai 2011 à 19:00

Le dispensaire 3ème partie: Fifaliana

Fifaliana

Fifaliana est née lors de l’été 2009. Nous l’avons brièvement connue à la mi-janvier 2011, lorsque son père, son grand-père et ses tantes nous l’ont amené à la consultation. Alors que son carnet de santé montrait une prise de poids dans la norme jusqu’à ses six mois, c’est après la naissance de son petit frère que les choses semblent avoir commencé à se gâter. C’est à trois reprises que la famille était venu la présenter au dispensaire le mois passé (dont deux fois les 10 jours précédents) pour divers problèmes de santé. Les deux médecins qui l’avaient vu lui avait alors prescrits différents traitements pour les yeux, la toux, des diarrhées.

Fifaliana avait désormais un an et demie et elle allait mal, très mal. Elle avait le regard effarouché. Ses cheveux étaient clairsemés, décolorés. Alors que ses bras et ses jambes étaient squelettiques, son ventre, ses mains et ses pieds étaient gonflés comme un bonhomme Michelin. Sa peau partait en lambeaux par endroits. Par rapport à sa dernière pesée d’il y a un an, elle avait perdu du poids (au lieu d’en prendre 4.5 kg selon sa courbe de croissance normale). Et voilà qu’elle ne mangeait plus. Elle était atteinte d’une malnutrition sévère (maladie de Kwashiorkor).

Après avoir administré les premiers soins d’urgence, est arrivé le moment où il fallait discuter de l’hospitalisation à la capitale, seul hôpital dans la région à pouvoir prendre en charge efficacement une telle maladie. Comme souvent, le papa a demandé à pouvoir repousser l’hospitalisation, ayant besoin de temps pour trouver de l’argent. Nous avons alors bricolé avec les moyens du bord une solution de réhydratation selon les recettes de l’OMS pour patienter les deux jours de délai demandés. Il lui fallait organiser la vente d’une partie de ses rizières.

Au bout de deux jours, le père a demandé un délai supplémentaire que nous avons refusé de cautionner en raison de la dégradation de l’état de santé de sa fille. Entre temps nous avons appris que les soins pour les enfants malnutris étaient gratuits grâce à un programme d’aide de l’UNESCO. Le gros des obstacles semblait alors levé et c’est confiants que nous avons laissé partir Fifaliana et sa tribu pour l’hôpital des enfants d’Antananarivo.

C’est par l’intermédiaire de son grand-père, qui comble de l’histoire était boucher, que nous apprenions des nouvelles qui semblaient être bonnes et qui laissaient penser que Fafaliana était sur la bonne pente à Tana.

Seulement trois semaines plus tard, ce même grand-père est venu demander une autorisation d’inhumation à notre tante. Nous avons alors compris que la famille avait décidé de ne pas amener Fifaliana à l’hôpital.

Au-delà du constat d’échec du système de santé local, du sentiment d’impuissance, de colère et de tristesse qu’une telle histoire peut susciter, un sentiment persistait: le sentiment que Fafaliana n’avait pas eu son destin en mains, mais que nous avions toute la liberté de choisir le notre. Et nous ressentions comme une urgence à continuer à essayer d’en faire le meilleur, à chaque instant, à chaque endroit.

Fifaliana, désormais, repose en paix.

Leave a Reply

You can use these HTML tags

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>