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le mercredi, 11 mai 2011 à 19:00

Le dispensaire 4ème partie: Les bouchers de Behenjy

Au dispensaire nous étions aux premières loges pour constater l’insécurité et la violence ambiante. Nous y voyions des patients avec des attaques de paniques, après avoir été braqués par des bandes à la gare routière d’Antananarivo, au retour du marché pour y vendre leurs produits locaux. Nous y voyions de nombreuses victimes de bagarres, parfois à couteaux tirés, où l’alcool jouait comme souvent un rôle prépondérant (l’alcool coutant moins cher qu’une bouteille d’eau). Un exemple spectaculaire de cette violence était l’histoire d’un hold-up sur la Route Nationale 7 qui traversait Behenjy depuis la capitale pour le sud.

Le Far-West

Taxi-brousses.

Une nuit de décembre, un taxi-brousse qui venait du sud s’était fait cambrioler à la mode du far-west: arrêté par un tronc d’arbre au milieu de la route! Le chauffeur qui avait aperçu l’obstacle s’était arrêté une cinquantaines de mètres avant et tous les occupants avaient détalé et fuit leurs poursuivants armés de machettes et de sabres. Certains ont alors trouvé refuge dans des maisons environnantes. Un des protecteurs l’a alors payé de son oreille. Les brigands ont enfoncé la porte et lui ont coupé une oreille au sabre, avant de lui infliger une balafre au visage et sur la poitrine!

De fait les taxi-brousses et les camions souhaitant voyager sur la RN7 de nuit étaient obligés de former de véritables convois avec sécurité privé ou police afin d’échapper à de tels incidents.

Un triste nouvel-an

Triste nouvel-an. Levée de corps d'une fillette du village qui avait disparu la veille.

Un autre fait divers ébranla particulièrement le village de Behenjy le jour de l’an. Une petite fille avait disparu la veille, après avoir été envoyée par sa mère au marché peu avant la tombée de la nuit pour y acheter des échalotes. Seulement la petite n’en est jamais revenue.

Après que la famille l’eut recherché sans succès la nuit durant, elle avertit finalement la gendarmerie. La malheureuse fut retrouvée inanimée dans la rivière en aval du marché en milieu de matinée.

C’est alors qu’on nous appela pour la levée du corps et l’autopsie. La nouvelle s’est répandue comme un feu de poudre. Tout le village ainsi que tout les gens endimanchés, qui avaient afflué des villages environnants pour échanger les voeux de bonne année en ce premier jour de l’an, s’étaient rassemblés des deux cotés de la rive ainsi que sur le pont en amont lors de notre arrivée.

Le corps de la fillette rendue à la famille.

La pauvre fut transportée à travers la foule sur une civière à la salle d’accouchement du dispensaire. Mais il fallut d’abord vider le dispensaire de toute la foule avide qui s’y était assemblée. Le constat du crime odieux et crapuleux était sans équivoque.

Rapidement l’identité d’une personne qui aurait donné un sou à la petite pour aller s’acheter un coca avant même qu’elle aie acheté les échalotes circulait. Aussi des gens auraient entendus d’autres dire à son enterrement que si elle n’était pas morte, ça aurait fait du grabuge, laissant sous-entendre que la petite aurait pu connaître son assassin. Certains étaient même persuadés qu’il s’agissait d’une vengeance familiale, mobile à l’appui… Pourtant l’enquête de la gendarmerie piétinait.

Les voleurs de zébu

Un des bouchers du marché de Behenjy.

Quelques semaines plus tard, pratiquement l’ensemble de la corporation des bouchers de Behenjy fut arrêtée et emprisonnée parce qu’ils avaient vendu de la viande de zébu volée. Ils s’étaient fait attrapés car les papiers d’origine du zébu vendu ce jour-ci n’étaient pas conformes. Ils restèrent au cachot pendant deux semaines, le temps de l’instruction. Durant cette période la viande de zébu était absente des étals du marché. Aussi une grande traque était organisée dans les massifs environnants à la recherche des membres de la bande organisée de voleurs de zébu qui sévissait dans la région ainsi que des zébus eux-mêmes. Mais on ne retrouva que des traces du troupeau de bétails volé dans les vastes montagnes.

Le rapport entre ces deux derniers faits divers? Certaines mauvaises langues, dépitées, ont prétendu par la suite qu’à Madagascar la vie d’un zébu valait plus que celle d’une petite fille.

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