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le jeudi, 24 mars 2011 à 22:49

Le Mythe de Notre Couple

Rizières de Betafo.

Comme dès le lendemain de notre arrivée à Behenjy il fallait s’occuper des malades, l’adaptation à notre nouvel environnement se faisait aussi à l’accéléré. Et pas sans quelques cloques… La première chose qu’il fallait apprendre c’était de faire le feu au charbon pour la cuisine et chauffer l’eau du bain. Malgré que nous avions déjà une certaine expérience dès notre plus jeune âge (demandez aux parents à Patrick), les premiers feux n’allaient pas sans un apport ventilatoire conséquent à l’aide d’une petite pelle, dont le manche n’avait rien de la douceur de nos poignées de vélo. L’eau, évidement se buvait cuite et elle coulait du robinet, mais de manière quelque peu capricieuse, le matin jusqu’à midi, plus longtemps en période de pluie. Pour palier à ce manque, nous remplissions d’eau deux seaux et deux bacs à linge au réveil. Pour boire, cuisiner et se laver. L’électricité était plus fiable. Et les quelques coupures lors des orages vespéraux rajoutaient juste ce qu’il fallait d’ambiance aux repas du soir en sortant les bougies. Mais justement les orages étaient plutôt rares. La période de mousson était pourtant déjà bien entamée mais la pluie n’était pas au rendez-vous. Et les riziculteurs attendaient de pouvoir repiquer leur riz.

Notre ami Rina dont les parents tiennent une épicerie.

Ce dernier faisait la part principale du repas quotidien pour les familles malgaches, sinon unique pour certaines, que ce soit au petit-déjeuner, à midi ou le soir. L’accompagnement du riz semble à tel point une préoccupation quotidienne qu’il a hérité dans la langue malgache d’un mot spécifique le désignant. En ce qui nous concerne, nous n’avions non seulement le luxe de pouvoir faire nos courses sans nous priver au marché qui se trouvait à 100 mètres au sud du dispensaire, mais il y avait aussi Nirina, une aide-ménagère, qui nous préparait le repas de midi à la mode malgache. A 20 mètres il y avait Denis le poissonnier qui nous fournissait aussi ses yaourts et ses jus naturels au tamarin, à la fraise et à la grenadelle; en face la gargote à beignets, thé et café pour le petit-déjeuner; puis à coté du marché les épiceries. Ah, et puis Behenjy, c’était aussi la capitale mondiale du foie gras malgache, où tout le Tana huppé venait s’approvisionner le weekend! Et nous aussi allions nous en offrir une barquette tout les dimanches à midi. Le prix des denrées était sans commune mesure par rapport aux prix en vigueur dans nos contrées. Aussi nous en profitions pour diversifier nos repas qui étaient parfois monotones pendant le voyage. Par le fait d’une petite diaspora vietnamienne datant de la colonisation française, nous trouvions même tous les ingrédients nécessaires pour la préparation de certains de nos plats préférés.

Le four fini et un petit feu pour le sècher.

Il manquait néanmoins une chose pour compléter notre bonheur culinaire: un four. Un four mais pourquoi faire? Eh bien du pain, des gâteaux, des quiches, des rôtis, des gratins, des pizzas et j’en passe. D’accord, mais comment? Hmm, deux semaines de réflexion et de recherche amenèrent Patrick à présenter à Sandra les plan d’un four en argile. Sandra, bien que séduite par l’imagination d’un four attendait de voir avant de s’emballer… Elle a dû attendre un bon mois, le temps de ramener à vélo environ une tonne de sable et d’argile d’une rizière à 5 km de là et puis de construire et faire sécher les couches successives du four. A la fin il nous restait un peu plus de deux semaines pour en profiter avant de quitter le pays. Deux semaines durant lesquelles le four n’a pas eu le temps de refroidir! Petits pains au lait nature, à la confiture d’ananas et gingembre, au chocolat; gâteau au chocolat, tarte Tatin, tarte à la crème; gratins de pommes de terre à la Fredy Girardet, gratins aux choux-fleurs ou à la courge; lasagnes et macaronis des alpes; divers quiches, carré de porc à basse cuisson… Que de délicieux souvenirs!

Sandra dans un bistro à Ambatolampy.

Tout cela fit dire au beau milieu d’un repas à Sandra, qui on vous le rappelle est psychiatre, que le mythe de notre couple est fondé sur la nourriture… Patrick ne comprenait pas très bien la portée de cette phrase, hochait néanmoins poliment de la tête et continua de déguster cette succulente côtelette aux cinq épices!

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