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le dimanche, 26 décembre 2010 à 07:44

Calafat/Negoi – Transition avec quelques sueurs froides

La Nomadbikefamily débarque à Calafat, Roumanie.

La traversée du Danube en bac était un changement bienvenu à notre quotidien cycliste. Elle nous permit de rencontrer un automobiliste du sud de la France. Il profitait d’un veuvage précoce pour recommencer à flirter avec la vie. Ce dernier nous mis en garde, contre les roumains: « Ce sont de beaux parleurs qui vous font courir! » Eh ben, elle devait être belle la roumaine qui le faisait courir comme cela à travers toute l’Europe… Et il trépignait d’impatience: « Quand part-il, ce foutu bac? A la nage, j’y serais déjà, en Roumanie! » Pour preuve il faisait rouler la mécanique sous le chemisier qu’il venait de déboutonner à moitié. Mais se rendait-il compte qu’il allait à la rencontre non seulement de la fille, mais de tout un clan? A notre avis, la roumaine risquait de conclure l’affaire avant lui…

Puit pour le bétail le long de la route.

Puit pour le bétail le long de la route après Calafat.

A quoi s’attendre en Roumanie? Un panneau moqueur en Serbie indiquait « Hollywood » en direction de la rive Roumaine. Au plus tard depuis l’Autriche, on n’avait cessé de nous dire de se méfier de ces coquins de Roumains. Et une fois n’est pas coutume, dès que nous avions posé pied sur sol roumain, ce sont les roumains eux-mêmes qui en remettaient une couche. A chaque rencontre on nous prévenait en faisant le signe de la main voleuse qui va se cacher dans le dos.

Mais pour commencer et en guise de bienvenue, le douanier offrit aux garçons une délicieuse tresse au beurre. Ca commençait bien. Puis non, une crevaison (la deuxième au total) nous ralentissait quelque peu.

A la sortie de Calafat c’est l’odeur du chanvre sauvage qui pullulait sur les bords de routes qui venait titiller nos narines. Des villages colorés et étirées se succédèrent sur une route pratiquement plate. Les habitants étaient tous affairés à la récolte du maïs. Les charrues à chevaux et à bœufs avaient remplacés les voitures. Les puits trônaient devants les maisons. Contrairement à la Bulgarie, on nous refaisait des signes de la main quand nous croisions quelqu’un. Mais pas des pouces levés comme en Serbie, non, ici on nous accueillait avec des signes de croix (deux à la fois). Nous avions l’impression de retourner 50 ans en arrière. « Le rétro, c’est la spécialité du pays », nous avait prévenu Camelia, une amie roumaine que nous avions connue en Suisse. Ca tombait bien, nous qui adorions faire les puces pour dénicher de vieux objets de cuisine.

Quand trois villages plus tard un homme nous appelait en langue française, nous nous arrêtions interloqués. Un sympathique et loquace quinquagénaire nous faisait la parlote dans un français mélangé à de l’italien et de l’anglais. Il était célibataire et vivait avec sa mère aveugle. Pour ce premier soir en Roumanie il nous invitait chez lui.

Au bistrot avec notre premier hôte roumain après le passage à l'épicerie. Signe avant-courreur d'ennuis, il semble déjà s'attirer quelque regard désapprobateur.

Patrick partit avec lui faire quelques courses, pendant que Sandra faisait plus ample connaissance avec la vieille ainsi qu’avec Angélique, une voisine enseignante. La promenade pour les courses, quoique pas très lointaine, pris plus de temps que prévu, en raison du passage par le bistrot voisin. Le verre (2 dl) du Monsieur était rempli à ras bord de Slibovica (alcool de prune, avec beaucoup d’alcool, peu de prune). Et rapidement nous nous rendions compte qu’il n’était pas tout à fait célibataire, mais que sa fiancée était très volatile et bien perfide…

A peine la nuit tombée, alors que nous étions en train de préparer à manger, il commençait à tourner la boule et voulait dans son ébriété avancée nous extorquer de l’argent. Et le coquin avait bel et bien dissimulé l’appareil photo à Patrick. Sous la menace d’une dénonciation il finit néanmoins par avouer qu’il avait caché l’appareil dans la chambre de sa mère aveugle. Mais il était déjà trop soul pour pouvoir se lever de sa banquette, où nous l’avions assigné, et aller le chercher lui-même.

La basse-cour chez Angélique et le portail vers le jardin potager.

Notre bien récupéré, il ne nous restait dans ces conditions plus qu’à remballer nos affaires et à déménager pour trouver un endroit plus sûr… Nous sommes allé toquer au portail  d’Angélique, l’institutrice d’en face avec qui Sandra avait sympathisé plus tôt. Et c’est très généreusement qu’Angélique nous ouvrait la porte et nous accueillait à dix heures du soir!

Fort heureusement il s’agissait là d’un événement isolé et que nous cherchions à prévenir désormais à tout prix en évitant le contact avec des personnes alcoolisées ou même en refusant poliment le verre de l’amitié ou l’hospitalité lorsque nous avions des doutes.

La cave de chez Angélique à Poiana Mare.

Le lendemain nous avions droit à une visite passionnante de la basse-cour et de l’immense et extraordinaire jardin potager d’Angélique. Près d’une centaine de volailles caquetaient joyeusement dans l’enclos. Et dans le jardin il y avait de quoi nourrir une garnison. Sans compter les bocaux et les tonneaux à chou pour l’hiver stockés dans la cave. C’est fardés de fruits et légumes frais et de compotes de fruits et sauces tomates que nous sommes repartis de là.

Sur le chemin nous avions quelques adaptations à faire. On nous avait dit qu’il y avait beaucoup de chiens en Roumanie, qui pouvaient se montrer quelque peu agressifs

Maïs perdu suite à une sortie de route d'un cheval de traie lors de notre passage.

avec les cyclistes. De ce point de vue là, nous ne rencontrions aucun souci, puisque ils semblaient particulièrement craindre notre caravane et détalaient à notre approche la queue entre les jambes. Les chevaux de traie que nous croisions, c’était une autre affaire. Ils montraient une réaction semblable mais bien plus inquiétante. La panique les faisait parfois sortir de la route et risquait de renverser les chariots avec leurs occupants et leur cargaison. Nous nous en sortions avec un avertissement à bon compte et quelques sueurs froides. Un cheval entraina en effet la carrosse ainsi que ses occupants hors de la route dans les champs, sans se renverser mais en étalant une partie du chargement de maïs sur le sol. Nous étions dès lors obligés de nous arrêter ou du moins à fortement ralentir afin de jauger la situation à chaque approche de cheval. Si ceux-ci étaient habitués à se faire dépasser en trombe par des camions, ils ne l’étaient apparemment pas à croiser des vélos couchés avec remorques.

Arrivée à Negoi, sur la banquette devant l'enclos d'une maison.

La nuit avait été courte et une petite grippe avait fini d’achever Sandra. C’est que depuis Belgrade, c’est-à-dire deux semaines, nous nous n’étions plus arrêtés deux jours de suite au même endroit. Une certaine fatigue se faisait sentir et nous aspirions à un peu de repos. Alors quand une vingtaine de kilomètres plus loin, nous nous arrêtions pour le repas auprès d’une banquette posée devant la clôture d’une maison qui sentait bon la lessive, nous nous sommes mis à rêver et à prier…

Une vieille dame, alertée par l’aboiement de son chien de garde, vint ouvrir le portail et regarder ce qu’il se passait devant sa maison. Sandra allaitait alors que Patrick commençait à préparer le repas. Rassurée, elle retournait dans sa maison après nous avoir donné sa bénédiction quant à l’utilisation de sa banquette. Un moment plus tard c’est son mari qui revenait et insistait pour qu’on rentre manger dans leur maison…

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