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le mardi, 05 octobre 2010 à 22:10

Backa Palanka / Stara Ledinci – En haut, perché sur les collines de Fruska Gora

Après avoir vu un petit bout de la Croatie, teinté par notre passage à Vukovar et les témoignages concernant de près ou de loin la guerre, nous traversions à nouveau le Danube à la rencontre de l’autre camp, la Serbie.

Le passage de la douane fut plus laborieuse que toutes les douanes jusqu’à présent. Nos passeports/cartes d’identité furent scrutés avec le plus grand soin. Et aussi fallait-il faire correspondre les documents avec les mini-voyageurs (putniks en serbocroate) ici présent. C’est vrai que même si leur âge se compte sur les doigts d’une main, nos enfants ont quand même fait du chemin depuis le moment de la prise des photos passeports… Après avoir été intrigués par la variété de notre progéniture, les douaniers ne le furent pas moins par notre caravane en soi. Le tout se passait cependant dans la bonne humeur.

Rapidement nous fûmes confrontés à la première réalité serbe: le traffic. Une route pas si différente des autres, mais avec une densité de traffic que nous n’avions pas connue en dehors des villes jusqu’à présent. Et une manière plus cavalière que chevalière de conduire. Surtout des dépassements à vous faire arrêter le coeur, suivi d’un autre à vous le faire redémarrer. Et tout le long de la route à Novi Sad, une quantité inombrable de carosseries.

Les dépassements des voitures venant de face transformaient la chaussée en duel voiture-vélo qui nous donnait l’impression désagréable de rejouer la scène anthologique de « La fureur de vivre » avec James Dean. Patrick trouvait une parade en circulant au milieu de sa voie, ce qui obligeait les voitures de derrière à ralentir et attendre que la voie d’en face se libère pour nous dépasser et empêchait les voitures d’en face à dépasser sur notre voie en nous poussant dans le caniveau. Manière à vrai dire efficace, à condition d’avoir le coeur bien accroché et de laisser le temps aux autres de réagir à notre survenue au mileu de la voie.

Nous avions rendez-vous peu après la ville de Novi Sad avec Marina, une étudiante de 22 ans contactée via le réseau cycliste d’hébergement internet. Mais d’abord fallait-il traverser la 2ème ville la plus importante de Serbie après Belgrade: une traversée laborieuse, les pistes cyclables en retrait de la route étant en assez

Leeroy et Marina sur les collines de Fruska Gora.

mauvais état et partagée avec les piétons. Le centre-ville par sa modernité et son uniformisme avec les autres villes de l’Europe de l’Ouest contrastait avec la pauvreté des villages de campagne. La sortie de ville se faisait sur un pont à 6 voies en montée au-dessus du Danube. Nous empruntions la voie de droite reservée aux bus, taxis, véhicules lents, mais qui était largement peuplée de chauffards, ce qui faisait hurler Ella à la mort. Et cerise sur le gateau, il menait tout droit dans un tunnel dont nous ne voyions pas le bout, qui ressemblait plutôt à l’enfer dans le contexte. Pour l’éviter, il existait une solution: passer toute la caravane au-dessus de la rembarde sur la voie piétonne (que nous ne pouvions pas emprunter auparavant en raison de son étroitesse) pour descendre du pont par une spirale faite pour les vélos (pour les vélos sans remorque…) et qui débouchait sur la rive du Danube. Après une poignée de minutes interminables tout le monde se trouvait du bon coté et le danger était passé.

Marina nous attendait au village suivant. Après les 50 km éprouvants que nous venions de passer, la prochaine épreuve nous attendait. Il restait six petits kilomètres à faire, mais en montée avec une pente de de 20% (!) sur le dernier km. Sandra poussait le vélo à bout de bras, la mine dépitée et déconfite. Marina et Patrick proposèrent bien de l’aider. Mal leur en pris (surtout Patrick), à entendre le dernier sursaut de fièrté de cycliste de Sandra. Enfin, tant qu’il y a de la voix, y a de l’espoir.

Leeroy et Marina sur les collines de Fruska Gora.

Comme d’habitude, plus le mérite est grand, plus l’arrivée en vaut la peine. L’adage ne faisait ici pas exception. La maison était nichée en haut d’une colline au milieu de la réserve naturelle de Fruska Gora. Refuge de toute une faune et aussi du clergé orthodoxe durant l’occupation ottomane. Le domaine familial comprenait l’habitation, un atelier d’imprimeur, et une écurie. Nous avons monté la tente sur le bitume du terrain de basket sous l’abri des arbres.

Marina est étudiante en art et travaille bénévolement pour une ONG locale. Nous étions hébergé chez ses parents. Elle a également une soeur de 14 ans et un frère de 20 ans. Marina donna d’emblée l’impression d’avoir un tempérament déterminé et bien trempé. C’est aussi une sportive émerite de cyclocross. En outre, dans une Serbie qui peine à assurer un avenir pour ses jeunes, Marina se paie le luxe de rêver. Il y a quelques mois, elle avait découvert le film « Into the wild » de Sean Penn, basé sur l’histoire vraie d’un jeune homme à la quête du bonheur à travers l’indépendance et la solitude, qui fait le choix de traverser l’Amérique pour aller vivre seul en Alaska. Depuis, Marina caresse le rêve fou (nous sommes bien placés pour le dire) de faire un tour du monde à vélo en passant par le détroit de Béring (détroit entre la Sibérie orientale et l’Alaska). La jeune femme se donne 10 ans pour réaliser son rêve. En attendant elle sue tout les matins dans ses collines afin de s’entrainer pour ses compétitions de cyclocross. Aussi en espèrant se faire un nom dans le milieu et d’attirer à terme des sponsors.

Dragan dans l’atelier de son imprimerie.

Son père Dragan est aussi un passionné. Lui et son épouse se débrouillent pour faire vivre la famille avec de petits moyens. Avec la crise, leur entreprise d’imprimerie tourne au ralenti. Ici, les gens ne croient pas à la maxime « travailler plus pour gagner plus ». Dans un pays où souvent les gens attendent plusieurs mois avant de toucher leur salaire et où quand ils ont l’audace de demander des comptes on leur répond que si ils ne sont pas contents il peuvent aller voir ailleurs et qu’ailleurs n’existe pas… Dragan est devenu quelque peu fataliste, mais pas désespèré. Ils essaient de monter en parallèle une école d’équitation avec organisation de randonnées dans la réserve naturelle de Fruska Gora. Ils viennent d’acquérir une deuxième monture, qu’ils sont en train de dresser. « Ils »car l’entreprise est familiale et que toute la famille y met ses forces.

Marina et son père Dragan.

Les moments partagés à table durant les quelques jours que nous étions chez eux oscillaient entre moments drôles et légers et moments plus sérieux voir tristes. Le père était fin et nous provoquait gentiment, il connaissait la mauvaise réputation internationale des serbes et la tournait en dérision. Aussi au vue du projet de leur fille, les parents était curieux de connaître nos motivations, notre vécu durant cette aventure. Le ton devenait plus grave lorsqu’il parlait du passé récent et de l’avenir de son pays. La guerre, les manifestations pour la destitution de feu Slobodan Milosevic, l’assassinat de son successeur porteur de nombreux espoirs Zoran Dindjic, le marasme économique, la pauvreté dans les campagnes, les perspectives d’avenir de la jeunesse.

Au début nous pensions rester 2 jours, mais la fatigue accumulée durant les dernières étapes nous poussait à demander une prolongation. D’autant plus que nous nous plaisions bien là-haut. Un repas au curry concocté par Patrick convainqua nos hôtes de nous garder pour une troisième… et une quatrième nuit. Puis il a fallu repartir. La dernière soirée, Sandra reçut les conseils bien avisés de Marina pour ces douleurs récurrentes aux genoux. Mouliner, mouliner le plus possible. Faire des exercices d’échauffements et de streching. Patrick avait dû le répéter une dizaine de fois déjà…

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