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le dimanche, 10 octobre 2010 à 07:00

Belgrade / Negotin – Road Movie dans l’extraordinaire Serbie profonde

La St. Stéphane à Skorenovac.

Malgré la chaleur nous avancions désormais bien. La route le long du Danube à partir de Belgrad devint moins monotone. Le tracé était désormais plus vallonné. Et pour ne rien faciliter c’est à la mi-étape qu’un vendeur de pastèque nous offrit deux beaux exemplaires faisant bien 10 kg. Encore une preuve de la gentillesse de ces gens. Les villages se suivaient et c’est dans un village à majorité hongroise que nous eurent la chance d’être accueillis. Ici nous avions à nouveau l’occasion de pratiquer nos bribes de hongrois que nous avions utilisé la dernière fois à Bilije en Croatie. Tout le village parlait en fait hongrois ainsi qu’à l’école. La famille était rassemblée pour la commémoration du décès d’un des leurs.

Sur le carrousel à Skorenovac.

Le deuxième fils était mort il y a quelques mois dans un accident de travail dans l’usine de métallurgie voisine, principal employeur de la région. La grand-mère nous logea dans une de ses chambres. Et comme la mort appellait la vie, nous fûmes invités à les accompagner à la fête foraine de la Saint Stéphane qui animait le village en cette fin de semaine. Des cars entiers étaient venus exprès de Hongrie. Les brus s’amusèrent en prêtant une robe longue à Sandra. Et Patrick fut tout émus de cette transformation.

Le lendemain, les champs de mais disparurent pour une végétaion plus séche et des paysages pastoraux. Nous décidions de nous offrir une petite pause baignade de deux jours dans un camping d’une station estivale au bord du Silver Lake conseillée de réputation par Predrag.

Coucher de soleil sur Silver Lake.

Le camping avait valeur de voyage à travers le temps. Ici point d’allemands, point de hollandais. Des caravanes désuets datant au mieux des années ’80, ainsi que les installations sanitaires. Mais justement ça faisait le charme de l’endroit. Et ça nous rappelait à tout les deux les vacances que nous avions passé enfants dans les camping avec nos parents respectifs. L’endroit était charmant, tranquille et l’eau du lac délicieuse. L’endroit rêvé pour ces températures et pour nous qui venions de quitter Belgrade.

L’homme qui aimait le turquoise à Ucije.

Puis nous continuâmes de longer le Danube, qui dans une portion de 150-200km présentait quelques curiosités parmi les plus belles et sympathiques de son parcours. A commencer par ce monsieur qui nous invita à un café et chez qui tout était turquoise: sa voiture, son bateau, sa maison, son caleçon… Il se fit un plaisir de faire visiter sa  voiture Trabant à Manu et Leeroy et de leur montrer le fonctionnement de ses cannes à pèche. Nous y avons passé une bonne partie de l’après-midi, pour cuisiner, manger et attendre que l’air se rafraîchisse un tant soit peu.

Les Portes de Fer.

Plus loin le Danube commençait par s’élargir pour ressembler à un énorme lac puis se resserrait pour former des gorges profondes : les Portes de Fer. Mais les grosses côtes des gorges et les grosses chaleurs du jour ne firent pas bon ménage. Nous nous disputâmes en haut (c’est mieux!) de notre premier gros col avec une pente à 10%, pourtant entourés d’une nature magnifique. Comme quoi ils nous restaient de l’énergie à revendre et que notre forme physique s’étaient nettement amélioré depuis l’Allemagne. Un peu plus tard nous rencontrions José un cycliste espagnol en route pour l’Inde. José fut apparament séduit par notre équipage et nous accompagna pour les trois prochains jours.

Camping à Tekija. Ella fait sa sièste du matin pendant que nous préparons les affaires pour partir.

Ces quelques jours furent comme une soupape. Sa présence discrète et lucide, nous amenait un autre équilibre et nous fit sortir de notre huis clos familial quelquefois un peu pesant. Aussi lui et les garçons s’adoraient réciproquement et ce qui nous soulageait beaucoup dans le déroulement de la journée. Lui souriait discrètement à nous voir répondre 30 fois par jour aux mêmes questions, un voyageur seul suscitant moins de curiosité. Le soir venu, notre bivouak idéalement placé sur une plage du Danube, nous décidions que le moment été venu d’ouvrir et partager avec José un bouteille de Palinka de cerises (alcool fort hongrois) que nous avions reçu à Baja. Elle nous avait pourtant été offerte pour les moments difficiles, mais nous trouvions que d’en boire dans les bons moments rendait meilleur hommage aux magnifiques souvenirs que nous avions de Baja. Merci à Agnès et son mari pour leur breuvage explosif mais délicieux que nous dégustons parcimonieusement depuis.

Le "Ranch". Notre tente à l'ombre.

Un soir, alors que nous n’avions rien demandé et que nous attendions Patrick à la sortie d’une ville, un homme accosta Sandra et voulut absolument nous aider. Nous avions prévu d’aller camper au bord du Danube, mais cet homme d’une stature imposante  et vétérinaire de profession nous convainquit de le suivre à un ranch pour la nuit. A vrai dire, sa stature fut si imposante que probablement peu de chose se refusent à lui. Le propriétaire du ranch qui était là aussi fut de prime abord pas très enthousiaste, mais n’y put pas grand chose face à la bonne volonté débordante du vétérinaire. Sandra fut séduite par l’idée du ranch et se voyait déjà à « Dallas », au ranch des Ewing.

Le coq du "Ranch".

A notre arrivée au ranch elle dut cependant vite déchanter. Le ranch penchait nettement vers l’univers d’Emir Kusturica que de celui, luisant, de « Dallas ». Une vaste cour avec une mare centrale alimentée par un tuyau d’eau reliée à la rivière voisine. Deux caravanes récupérés côte-à-côte où la radio distillait des tubes des années 80 (peut-être le seul point commun avec le ranch des Ewing). Et des animaux partout. Une chienne allaitant sa nichée de chiots jappant. Des poules, des canards, des oies. Des cochons et même derrière une porte en fer verrouillée, un énorme sanglier qui avait été trouvé blessé petit et gavé depuis. Patrick, entouré de toute la volaille, balaya dur pour se faire une place sans fiante pour la tente. Et au milieu de cette cacophonie, le dernier cri d’un cochon égorgé par le boucher, impressionna quelque peu Manu.

Sandra, atteinte du syndrome du "Ranch", décolle.

Notre hôte fit son possible pour nous faire sentir à l’aise. Il apporta des jus de fruits, du fromage de chèvre maison, des tomates, du pain et un délicieux rôti de porc. Manu qui avait repris ces esprits après l’épisode du cochon saigné, s’attaqua goulûment au pied de porc croustillant. Deux-trois verres de Rakija et rapidement nous nous accomodions de notre nouvelle situation. Mais c’était pas sans rappeller notre aventure en Inde où nous avions été pris par le « syndrome indien ». Ici c’était plutôt le « syndrome du ranch ». Une impression de flotter due au choc culturel et à l’inattendu de la situation. Ce syndrome n’avait cependant pas l’air d’atteindre les garçons qui étaient aux anges dans ce joyeux capharnaüm.

Les chiots, fatigués après une nuit agitée.

La nuit fut courte, animée quelle était par la fête foraine voisine, les jappements incessants des chiens et du réveil à l’aube de la centaine de bêtes qui nous entouraient et caquetait, piaffait autour de notre tente. Au loin la musique de la fête foraine résonnait toujours… Nous pouvions rester autant de temps que nécessaire mais une nuit suffit sa peine et le lendemain nous décidions de faire une courte étape et d’enfin retrouver une petite plage au bord du Danube.

Cette dernière ne tarda pas à arriver. D’ailleurs un collègue voyageur à vélo semblait déjà bien se prélasser dans ces lieux. Après à peine plus de 20km José autant que nous pensions que nous avions déjà bien mérité une halte après la nuit passée.

Jérôme pratique le Qi-Gong à l'aube à Brza Palanka.

Quelle ne fut pas notre surprise de rencontrer en ce collègue voyageur, Jérôme, un genevois, futur médecin et fils d’un de nos professeurs de médecine! Métisse comme nous, il était allé à la rencontre de ses origines (arméniennes) et se trouvait sur le chemin du retour. Nous passions à nouveau une excellente soirée en si bonne compagnie!

Le lendemain la séparation fut double, avec Jérôme qui partait vers le nord et José qui nous quittait pour continuer son chemin seul. C’était aussi le dernier jour en Serbie. Pays où nous nous sommes laissés bercer par le voyage, qui nous l’avait bien rendu. C’est avec nostalgie que nous quittions les Serbes qui nous avait tant surpris par leur sens de l’accueil si chaleureux d’un bout à l’autre.

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1 comment to Belgrade / Negotin – Road Movie dans l’extraordinaire Serbie profonde

  • Marc Lagersie

    les photos sont superbes, le récit est frais avec beaucoup d’humour et merci de nous faire voyager à la maison.
    bonne route et bon courage. Marc

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