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le vendredi, 08 octobre 2010 à 07:00

Novi Sad / Belgrade – Va-et-vient autour de Belgrade

Dans la descente de Fruska Gora.

Au risque de se répéter, il fut difficile de quitter Marina, sa famille et de repartir de ce nid perché. Il était passé midi quand nous repartions en plein cagnard. L’étape du jour commençait par une belle descente et se poursuivait par un premier col de 6 km. Mais à 4-5 km/h il nous fallut une petite heure et demi de montée. Des congénères à vélo nous dépassaient allègrement. Certains pour s’arrêter et discutailler (les franco- et anglophones), d’autres pour s’envoler imperturbables vers le sommet (plutôt germaniques ceux-là). A 17 heures, nous avions fait à peine 20 km.

Dans un village dans la descente nous étions invités à nous restaurer par Sledjana, une quadragénaire fort sympatique qui tenait un magasin de phytopharmacie. Aux jeux des garçons avec leurs cartes de « Pokémons » et autres « Bakugans », celle-ci répondit en leur offrant 3 cartes d’icônes religieuses, représentant la Vierge Marie, Jésus et l’Ange Gabriel. Nous avons expliqué aux garçons que ces cartes-là battaient les leurs à plate couture! Manu et Leeroy restèrent cependant quelque peu dubitatifs.

Nous voulions nous rapprocher le plus possible de Belgrad malgré l’heure tardive pour faciliter l’arrivée du lendemain. Heureusement que pour cette fin de journée la fortune était de notre côté, ainsi que la pente et le vent. Le poids et l’aérodynamisme aidant, nous nous envolions presque en direction de Belgrade. 40 km avalés dans le même temps qu’il nous avait fallut pour faire les 6 km de côte.

Sous le pommier de Nada et Djuro.

Ce fut juste avant la tombée de la nuit que nous arrivèrent à Stara Pazova, petite ville à une trentaine de km de Belgrade, que nous atteignions avec soulagement. A l’entrée nous repérâmes un attroupement devant une maison. Un homme nous salua. Nous nous arrêtions munis du même sentiment. L’occasion fait le larron et quand elle se présente il faut la saisir. Nous demandions s’ils avaient un jardin où nous pourrions planter notre tente pour la nuit. Après nous avoir vaguement proposé de camper devant la maison au bord de la route, c’est la grand-mère qui sortit du groupe et nous invitait à dormir dans un petit appartement vide et attenant qu’elle louait à une vieille dame décèdée depuis quelques mois (décidement…).

La famille s’était réunie pour accueillir Nada la dite grand-mère, sa fille Milena et sa petite-fille Theodora, de retour de vacances en Croatie. L’accueil fut chaleureux aussi pour nous. Ella passait d’une main à l’autre de la nombreuse famille et à l’insu de son plein gré, devait mettre sa peur de l’étranger entre parenthèses. Sandra répondait aux nombreuses questions. Patrick s’affairait à préparer les lits et à cuisiner vu l’heure tardive. Manu et Leeroy chassaient les mouches.

Comémoration télévisée des 15 ans de l'exil des serbes de Croatie chez Nada et Djuro. L'émotion est palpable chez toute la famille.

La grand-mère Nada et son mari Djuro étaient retraités. Descendants de serbes emmigrés en Croatie il y a trois générations, ils avaient du fuir la Croatie avec leurs enfants à la fin de la guerre en 1995 et avaient refait leur vie ici. Leur village majoritairement serbe avait été détruit et tout les habitants chassés. Le gouvernement croate avait bien remboursé les dommages et la famille avait pu reconstruire la maison, mais un retour n’entrait plus en question. L’école avait fermé, il n’y avait plus de magasin. La famille continuaient cependant à y passer très régulièrement les vacances et on les sentait fortement liés à cet endroit. Mais ici aussi les choses n’étaient pas simples, les serbes de Croatie n’étant apparemment pas toujours bien reçus dans leur pays d’origine.

En route sous escorte pour Belgrade.

Le lendemain après un petit déjeuner aussi gargantuesque qu’inattendu, nous sommes repartis en direction de Belgrad où nous avions rendez-vous avec une cycliste, Snezana, pour loger chez elle à Belgrade. Elle faisait parti d’un club de cycliste local et avait organisé une entrée en ville de Belgrade en compagnie de cette sympathique escorte. Nous arrivions là-bas après cinq heures de route. Snezana très soucieuse que nous arrivions à bon port, stoppa à plusieurs reprises la circulation, tout en assenant certains automobilistes de jurons bien colorés.

Elle habitait au treizième étage d’un petit 2 pièces situé au centre ville de Belgrad. La mauvaise nouvelle était qu’il fallait tout monter le matos là-haut, la bonne nouvelle était qu’il y avait un ascenseur jusqu’au 12ème étage. L’autre mauvaise nouvelle était que nous ne pouvions rester qu’une nuit. Notre hôtesse a cependant dépensée une formidable énergie pour nous trouver une autre solution.

Campement à Belgrade dans une zone industrielle, au milieu d'une mare à moustiques.

Finalement nous nous sommes retrouvés à 5 km de la ville un dimanche soir, dans une zone industrielle entourée d’un lotissement de tsiganes. Predrag un des cyclistes de notre escorte nous a invité sur le terrain de son entreprise pour autant de temps qu’il nous fallait. Il prit une faux et abattut l’herbe pour que nous puissions installer notre tente. Ce soir là, nous dînions à la lumière du porche, avec nos amis les moustiques, sans oser vraiment se regarder, un peu stupéfaits. Les gamins quand à eux étaient ravis de pouvoir jouer avec les morceaux de sagex et s’accomodaient beaucoup mieux que nous de cette situation un peu précaire.

Le lendemain nous passions notre journée dans l’entreprise. C’est une entreprise familiale, active dans les chauffages industriels, crée par le père de Predrag. La journée de 9 heures à 17 heures nous pouvions accéder aux locaux. C’est à dire à la cuisine, aux toilettes et à une précieuse machine à laver.

Ella prend son bain dans la cuisine de l'entreprise.

Predrag âgé de trente deux ans, gèrait l’entreprise avec son frère ainé. Ce dernier critiquait d’emblée Milosévic, mais contrairement à presque toutes les autres personnes que nous rencontrions, il était aussi très critique envers l’époque communiste. Du temps du Maréchal Tito, il y avait du travail pour tout le monde et les gens n’étaient pas riches, mais semblaient avoir de quoi s’acheter ce qui leur faisaient plaisir. Mais c’est la jeune génération qui paie maintenant la facture de cette économie tenue sous perfusion durant les années communistes.

Le deuxième jour, nous eûmes la possibilité de prendre une douche à l’étage puis le troisième jour de rester dormir dans un des bureaux climatisés et surtout d’accéder à internet et s’organiser avec les parents de Patrick pour qu’ils nous rejoignent à Belgrad pour une semaine.

Moment de rigolade chez Milena avec Nikolai, Nada et leur fille Jovana.

En attendant leur venue, nous retournâmes 50 km en arrière à Stara Pazova chez Nada et Djuro. Ce fut l’occasion de revoir Nada et sa famille et de faire découvrir à notre famille le formidable sens de l’hospitalité serbe. Patrick, malheureusement, tombait malade durant le séjour à l’hôtel avec ses parent et dut garder le lit dès le 3ème jour de leur arrivée. Après leur départ nous demandâmes à Nada de nous reloger car Patrick était encore fiévreux. La petite fille Theodora étant repartie en vacances en Croatie et ne pouvant plus nous traduire, ce fut l’occasion pour nous de mieux d’apprendre le serbe et les secrets de grand-mère contre le mal qui rendait Patrick fiévreux.

Traitement de choc: compresses de gras de porc et de Rakija (alcool fort serbe).

Pour commencer elle enduisit du papier de journal avec du gras de porc (il faut au moins un demi centimètre) qu’elle posa sur la poitrine de Patrick, puis le recouvra d’un linge. Un autre linge fut imbibé de Rakija, sorte de brandy serbe, et posé sur son front. L’un dans l’autre, le lendemain il était transformé. Heureusement, car sinon l’escalade thérapeutique avec des chaussettes au vinaigre était assurée. Après avoir passé une semaine au lit, les petits plats de Nada firent le reste pour le remettre sur jambes et sur le vélo. Avec Nada, nous étions vraiment dorlotés et aux petits soins.

Un jour, en visite chez un de ses enfants nous tombâmes nez à nez avec le portrait du général Ratko Mladic pendu au mur du salon. Cet ancien dirigeant des forces armées serbes de Bosnie est accusé de génocide et de crimes de guerre et en fuite depuis 1995. Encore une de ses contradictions entre des gens charmants et leur croyance en une idéologie qui semble répondre à leur frustration.

Coucher de soleil sur Belgrade. La Sava rejoint le Danube.

Une des dernières soirées, Patrick montra nos photos dont celles de la Croatie. Un des fils était là ainsi qu’un oncle. Devant l’image de la tour de Vukovar, symbole de la résistance de la ville, leurs regards se figèrent… Depuis, ils ont reconstruit leur vie. Pourtant un jour, Nada, pudiquement me prit à part. La même malédiction que nous avions rencontré à plusieurs reprises déjà en Croatie semblait avoir frappé sa famille : la difficulté à avoir des enfants. C’était peut-être la seule chose qui leur manquait pour pouvoir tourner la page.

C’est après avoir été dorloté et complètement revigoré par Nada pendant 5 jours que nous quittions Stara Pazova à nouveau en direction de Belgrade, afin de récuperer nos quelques affaires que nous avions laissées à l’entreprise de Predrag et de réviser nos vélos avant de continuer la route.

Skadarlija, quartier bohème de Belgrade.

Pour Sandra, comme après chaque long arrêt, le départ de Belgrade s’effectuait avec passablement d’appréhension. Venaient s’ajouter pour elle des douleurs liés à une chute sur les fesses, la deuxième après Vienne. De plus de savoir qu’en 2 heures d’avion, nous pourrions être à Genève, était une tentation d’en rester là. Nous avions déjà tellement vécu de choses. La comparaison directe entre le campement à côté de l’entreprise à Predrag avec le confort de la semaine d’hôtel avec les parents à Patrick rendait plus évidente la précarité des conditions dans lesquelles nous nous retrouvions parfois. En outre, nous ne pouvions éviter de repasser par Belgrade, cette capitale un peu bohème avec ces façades en art nouveau souvent en état de décrépitude avancée.

Le pont de l'angoisse à la sortie de Belgrade.

Et nous savions que sa traversée serait difficile. Les nids de poule, la densité de la circulation nous donnèrent encore une fois quelques sueurs froides. Le pont de l’angoisse qui traversait le Danube à la sortie de Belgrade en direction de la Roumanie branlait sous le poids des voitures. Leurs moteurs vrombissaient juste à contrebas de notre passage piéton et rien à part le niveau nous séparait des voitures, bus et camions lancés à pleine vitesse. Descendre du trottoir à la fin du pont pour se fondre dans la circulation fut une terrible épreuve de courage. Heureusement un cycliste qui suivait Sandra fit ralentir le flux fou des voitures.

Finalement nous quittions Belgrade après 3 semaines passées entre l’entreprise, l’hôtel avec les parents de Patrick et chez Nada et Djuro.

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