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le mercredi, 09 mars 2011 à 19:59

Istanbul/Behenjy – Départ pour Madagascar

Derniers préparatifs

Horizon d'Istanbul. Yeni Camii (Nouvelle mosquée) et Suleymanyie Camii (les deux 16è siècle).

Istanbul, l’intemporelle, nous envoûtait. Tant de choses à voir, tant de choses à faire. Depuis tout le mois de novembre, nous prenions nos aises dans la ville et en particulier notre quartier Üsküdar. Pourtant le temps filait et se rafraichissait à l’approche de l’hiver et voilà qu’il ne restait plus qu’une petite semaine jusqu’au départ pour Madagascar. Il fallait décider si oui ou non nous allions prendre nos vélos avec nous. En effet les derniers échos sur l’insécurité et le chaos régnant à Madagascar ne nous encourageaient pas trop à prévoir de grands tours à vélos. Mais un petit tour peut-être… Et puis zut, prendre les vélos avec nous ne nous condamnait à rien, sauf à chercher des cartons pour les emballer! La chance nous souriait, au premier magasin de vélo (Bike & Outdoor) nous trouvions notre bonheur. De plus, rendez-vous fut pris avec Sinan, le gérant du magasin, pour un repas au retour de Madagascar, son épouse étant originaire de Haute Savoie, comme Sandra! Et les cartons pour les remorques? Sur le chemin du retour, sur le trottoir devant un magasin de textiles, des cartons vide venants de Chine nous attendaient. Un peu de cordelette et du scotch et le tour était joué!

En route pour l'aéroport.

Il restait encore à trouver le véhicule qui pourrait nous transporter depuis l’appartement à travers le Bosphore, la mégalopole et jusqu’à l’aéroport. Les taxis étaient bien trop petits pour nos bagages et il était hors de question de se promener en ville avec trois enfants et tout le barda jusqu’à une station de bus directs. C’est Patrick qui fut mandaté de la tâche de trouver le transport, notre hôte étant également à court d’idées. Une visite chez l’épicier d’à coté, un coup de fil et cinq minutes plus tard la solution miracle, une camionnette pickup, était devant la porte. Rendez-vous fut pris pour le lendemain.

Tous bien calés à l’avant de la fourgonnette nous avons pu mesurer l’étendue d’Istanbul. On nous avait parlé des bouchons et de la circulation d’Istanbul. Mais jusqu’à présent nous en avions été épargnés. Cette fois nous étions au beau milieu du flux des pendulaires et découvrions une autre facette moins reluisante du quotidien stambouliote.

Des mômes à vélos

Mômes à vélo. Christelle, Nicolas et leurs trois enfants dans les couloirs de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle.

A l’arrivée à l’aéroport devant le guichet d’enregistrement nous avons vu avec surprise une autre famille avec trois garçons dont le benjamin avait l’âge de Leeroy, qui eux aussi étaient à vélo. Mais était-ce possible? Leurs visages nous étaient étrangement familiers. Ne les avions nous pas vu deux semaines auparavant sur une colonne de journal que quelqu’un nous avait tendu lors d’une traversée à ferry? Tous libérés du poids des bagages, les cartes d’embarquement en poche, la discussion s’est rapidement engagée entre parents. Alors que les enfants, y avait pas besoin de beaucoup de paroles. L’aéroport se faisait place de jeux géante. Christelle, Nicolas et leurs trois mômes à vélo étaient partis quelques mois auparavant pour un tour du monde à vélo le temps dune année sabbatique. Et là ils embarquaient pour Hanoï, le Vietnam! (Quelle idée d’y aller en avion!) L’échange durant les heures ensemble à l’aéroport puis dans le vol Istanbul-Paris fut riche et bon. Quel plaisir de pouvoir rencontrer des gens avec qui partager nos expériences! Puis finalement au milieu de la nuit et des couloirs sans fin de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle nos chemins se sont séparés: eux partaient pour leur correspondance pour Hanoï, alors que nous devions trouver un lit pour la nuit, en attendant le vol du lendemain matin pour Madagascar.

Bref retour en « démocratie libre »

Bon voyage. Dans le couloir pour entrer dans l'avion.

Nous sommes apparemment tombés en pleine période de froid glacial à Paris. Les tongues cédaient leur place à d’épaisses chaussettes en laine et des chaussures. Des bourrasques de neige nous figeaient la face dans une grimace de stupeur… stupeur des parents, bonheur des enfants. Car si il y avait de la neige, ça voulait dire que le Saint Nicolas et le petit Jésus n’étaient plus très loin!

Au bout du labyrinthe nous sommes finalement arrivés au guichet d’information pour trouver une chambre pour la nuit. Et c’est brusquement que nous avons été mis face à face avec une culture que nous avions

Dans l'avion pour Madagascar.

oublié depuis longtemps déjà: la culture de lois figés excluant tout risque, jusqu’à l’absurde, n’ayant d’égal que la lourdeur bureaucratique communiste des mauvais jours. Impossible de prime abord de trouver une chambre pour notre famille! Pas qu’il n’y ait pas de chambres libres dans les environs. Mais il n’était pas question que nous cinq partagions une chambre pour trois personnes comme nous en avions l’habitude jusqu’à présent. La loi étant la loi… c’est au bout dune longue liste d’hôtels et dune demie heure de téléphones que nous avons finalement trouvé refuge pour un prix raisonnable dans un appart-hôtel. Dune « Suite » de Paris à la case malgache, le choc était programmé!

Après un petit déjeuner copieux mais en coup de vent ainsi qu’une brève partie de boule de neige c’était reparti de beau matin à l’aéroport pour le vol à Madagascar. Celui-ci se passait tranquillement et sans encombre. Les garçons étaient heureux de regarder des dessins animés à la chaine alors qu’Ella se suffisait à elle-même. Il fallut juste lui dégourdir les jambes et faire les couloirs à sa demande, toutes les deux heures.

Premières impressions des malgaches sur la NomadBikeFamily

En vol pour l'hémisphère sud et Madagascar.

C’est cramponnés aux dossiers des sièges que nous avons refait connaissance avec la piste cabossée de l’Aéroport International d’Ivato. Et déjà les premiers impatients étaient debout à sortir leurs bagages à main des soutes à bagages au-dessus de nos têtes de manière précipitée et parfois bien maladroite et en dépit des injonctions du personnel à rester assis et ceinturés jusqu’à l’arrêt de l’avion. Et quand il fallut patienter assis jusqu’au feu vert de l’agent local de l’hygiène et de la santé pour l’autorisation à débarquer ce fut presque l’émeute.

Une nuit épaisse et le crachin nous accueillaient à la descente de l’avion dans les dernières heures de ce premier décembre. Une longue procession de passagers silencieux reliait l’avion à la « case » de l’aéroport. Nous arrivions derniers en file pour la douane. Deux minutes passèrent, le temps de constater les quelques petits aménagements de l’intérieur qui avaient été fait depuis notre dernier passage ici sept ans auparavant, puis un employé vint vers nous pour nous ramener directement au guichet du douanier à la barbe de tous ces impatients. Apparemment nous avions tiré le gros lot. Ella sur le dos, les deux garçons pendu aux jambes, et le douanier qui demandait les passeports avec un sourire mielleux: « Allez seulement chercher vos bagages, je vais m’occuper de vos passeports, puis vous pourrez venir les récupérer! » Puis en baissant la voix: « Et n’oubliez surtout pas mon petit cadeau! »

Le tarmac de l'aéroport international Ivato d'Antananarivo.

« Le coquin! » pensions-nous tout haut en faignant ne pas comprendre. Puis Patrick s’en allait tout bas attendre l’arrivée des bagages, pendant que Sandra tenait la garde auprès du douanier les yeux rivés sur nos passeports, malgré sa désapprobation et ses serments réitérés sur la confiance (et le petit cadeau). Mais comme le petit cadeau se faisait attendre, la paperasse elle aussi se faisait attendre, ainsi que les bagages qui ne sortirent que vers la fin, ainsi que la file derrière Sandra… Et qu’importe, nous avions tout le temps du monde, nos bagages étaient arrivés entiers, de plus un lit nous attendait chez la famille à Sandra et nous étions à Madagascar! Les garçons gardaient stoïquement les deux chariots fardés de nos bagages. Ella dormait depuis belle lurette sur le dos de Patrick. Devant notre sourde oreille et notre mine béate, le douanier finit par perdre son sourire, nous rendit nos passeports et lâchait d’un air dépité: « Ils sont malins ces gens-là! » Ils avaient cru repérer une proie facile avec trois petits enfants, c’était mal nous connaître ainsi que nos convictions!

L’arrivée à Behenjy

Notre chambre au dispensaire de Behenjy.

Après 2 nuits chez la fille de la tante à Sandra à Antananarivo nous sommes partis pour rejoindre le dispensaire de la-dite tante. Celui-ci se trouvait à Behenjy, 45 km au sud de « Tana », 22 km au nord de la prochaine petite ville, Ambatolampy, sur la Route Nationale 7. Un petit comité comprenant tante Jeanette et les quelques employés du dispensaire ainsi que la vendeuse de rouleaux de printemps avec sa corbeille remplie nous attendaient.

Après cet apéritif de bienvenue nous étions amené à notre domicile pour les trois prochains mois. Deux chambres carrés vides à la dalle de béton fraichement cirée et aux murs décrépis. Il y avait du potentiel! Dans le même bâtiment et juste à coté se trouvait la chambre de tante Jeanette, la salle à manger, la cuisine et la salle de bains avec toilette, bidet, lavabo et douche froide.

Devant notre maison au dispensaire de Behenjy.

Puis nous étions directement mis au bain, puisque le lendemain la tante partait… pour deux semaines, ainsi que l’autre médecin du dispensaire, ainsi que le seul médecin libéral du village. Nous nous sommes retrouvés avec le dispensaire de Behenjy sur les bras, qui dessert quand même un district de 16’000 habitants… Restaient avec nous un infirmier qui s’occupait aussi d’accouchements ainsi que la dispensatrice de médicaments. Pour une première expérience en tant que médecin de brousse, nous étions servi!

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