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le vendredi, 08 juillet 2011 à 21:57

Selim le Ferblantier

22-24 octobre 2010

Maison de thé à Sinanli Turquie

Manu, Leeroy et le frère de Selim. La table recouverte de cadeaux pour les garçons.

Notre prochain arrêt s’est imposé de tout seul, quand dans un petit village nommé Sinanli nous avons demandé la direction à un groupe d’hommes attablés sur la terrasse d’une maison de thé. La direction nous l’avons eu. Même deux. Alors dans leur discorde et puisque l’ainé du groupe, Selim, nous invitait pour la nuit, nous décidâmes d’ajourner la décision de la direction à prendre pour le lendemain.

Mais avant de faire quoi que ce soit, aller où que ce soit, évidement il fallait d’abord prendre un thé, ou plutôt plusieurs. Aussi les enfants furent gâtés avec jouets et sucreries. Les turques dans l’ensemble semblaient vouer un vrai culte aux enfants. Ce qui fit poser des questions à Manu: « Mais pourquoi en Turquie nous recevons toujours des cadeaux? » Et Leeroy de répondre au tac-o-tac: « C’est parce qu’ils aiment les enfants braves! » Eh ben, puisque vous le dites…

Maison de thé, Sinanli, Turquie

Le soir avec Selim à ma gauche avec son fils et son frère à ma droite.

Après nous être installés à la maison et avoir pris le repas, nous, les hommes, sommes rapidement repartis à la maison du thé, pour être précis nous avons fait le tour des nombreuses maisons de thés du village. Le tout ressemblait à un rituel aux multiples règles sociales.

Selim avait tout du patriarche de famille. Il y a fort longtemps il avait travaillé dans les chantiers en Allemagne. Lorsque les enfants eurent l’âge d’aller à l’école, ils les a renvoyé au pays avec leur mère, estimant que la vie qu’il aurait voulu leur offrir en Allemagne impliquerait trop de sacrifices. La famille lui manquant trop, il les a rejoint deux ans plus tard. Les économies issues du séjour allemand lui ont permit de construire une belle maison, monter une affaire de ferblantier dans son village et d’offrir une bonne éducation à ses enfants.

Cette richesse relative lui donnait aussi un statut particulier dans son village. Approchant les huitantes ans, sa capacité a faire en sorte qu’on ne lui dise jamais « non » était à la hauteur de son autorité. Seul son jeune frère avait eu le courage de lui refuser un rein, qui aurait pu lui éviter la dialyse. Et ce dernier en payait toujours les frais. Selim avait aussi l’habitude d’accorder des prêts aux villageois qui en faisaient la demande. Ce soir justement, il comptait récupérer un prêt qui trainait trop en longueur.

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Sandra sur la route.

Ma présence lui permit d’encore plus marquer sa différence avec ses acolytes autour de la table. Aussi au lieu du thé habituel, ce soir il commanda à plusieurs reprises du café pour lui et pour moi. Mais pas un café turc, un Nescafé en sachet, celui-ci coutant le double du thé. J’aurais bien pris que du thé ce soir là, mais insister était inutile avec Selim.

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Le matin à l'aube à la gare routière. Les bagages attendent le bus.

D’ailleurs l’homme qui lui devait de l’argent se faisait attendre. Il l’appela et dix minutes après l’homme arriva précipitamment avec l’argent. Après une brève séance de règlement de compte à l’extérieur du « Tea-Room », les deux revinrent à l’intérieur pour sceller l’amitié autour d’un Nescafé pour Selim, d’un thé pour l’homme. Selim n’était pas le genre d’homme auquel on contait fleurette. Selim était un homme heureux, à la vie comblée. Son seul souhait, c’était qu’il voudrait bien prolonger encore un peu sa vie afin de voir grandir ses petits-enfants.

Après cette brève mise en bouche de quelques jours de voyage en Turquie, nous sommes devenus quelque peu impatients. Nous avions envie d’en voir plus, rapidement, envie de voir la vraie, unique Istanbul, celle dont nous rêvions depuis si longtemps. Nous n’avions pas envie de nous embarrasser avec des villes, des banlieues successives et insignifiantes. Aussi sommes-nous devenus méfiants sur la topologie de la route en Turquie et voulions éviter une entrée périlleuse et éreintante à Istanbul… Et à vrai dire, toutes ces bonnes choses, arrivées d’un coup après la Bulgarie, ont un peu ramolli notre volonté, notre niaque… Nous avons rejoint la prochaine ville à travers champs et villages. Puis nous avons finalement pris le bus à Lüleburgaz pour les 200 derniers kilomètres jusqu’à Istanbul.

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